La définition d'un mot peut varier dépendant l'époque.

24 07 2008

La définition d'un mot peut varier dépendant l'époque. Exemple prenons le mot [ chic ]

Regardons la définition qu'en donnait Charles Beaudelaire dans le texte « Du chic et du poncif » :

{ Le chic, mot affreux et bizarre et de moderne fabrique, donc j'ignore l'orthographe, mais que je suis obligé d'employer, parce qu'il est consacré par les artistes pour exprimer une monstruosité moderne, signifie : absence de modèle et de nature. Le chic est l'abus de la mémoire de la main qu'une mémoire du cerveau ; car il est des artistes doués d'une mémoire profonde des caractères et des formes. }

Extrait pris dans le texte « Du chic et du poncif »

P 216 du livre { Beaudelaire Ecrits sur l'Art : tome 1 }

( Édition selon l'ordre chronologique établie, présentée et annotée par : Yves Florenne en 1868 Édition Gallimard 1971 )




Les litanies de Satan de Charles Baudelaire

13 07 2008

Texte extrait des Fleurs du Mal

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O=O=O=O=O=O=O=O=O=O=O

»-----------------«

O toi, le plus savant et le plus beau des Anges,

Dieu trahi par le sort et privé de louanges,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

O Prince de l'exil, à qui l'on a fait du tort,

Et qui, vaincu, toujours te redresses plus fort,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui sais tout, grand roi des choses souterraines,

Guérisseur familier des angoisses humaines,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui, même aux lépreux, aux parias maudits,

Enseignes par l'amour le goût du Paradis.

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

O toi qui de la mort, ta vieille et forte amante,

Engendras l'Espérance, - une folle charmante!

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui fais au proscrit ce regard calme et haut

Qui damne tout un peuple autour d'un échafaud,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui sais en quels coins des terres envieuses

Le Dieu jaloux cacha les pierres précieuses,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi dont l'œil clair connaît les profonds arsenaux

Où dort enseveli le peuple des métaux,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi dont la large main cache les précipices

Au somnambule errant au bord des édifices,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui, magiquement, assouplis les vieux os

De l'ivrogne attardé foulé par les chevaux,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui, pour consoler l'homme frêle qui souffre,

Nous appris à mêler le salpêtre et le soufre,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui poses ta marque, ô complice subtil,

Sur le front du Crésus impitoyable et vil,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Toi qui mets dans les yeux et dans le cœur des filles

Le culte de la plaie et l'amour des guenilles,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Bâton des exilés, lampe des inventeurs,

Confesseur des pendus et des conspirateurs,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

Père adoptif de ceux qu'en sa noire colère

Du paradis terrestre a chassés Dieu le Père,

»-----------------«

O Satan, prends pitié de ma longue misère!

»-----------------«

O=O=O=O=O=O=O=O=O=O=O

»-----------------«

PRIÈRE :

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Gloire et louange à toi, Satan, dans les hauteurs

Du Ciel, où tu régnas, et dans les profondeurs

De l'Enfer, où, vaincu, tu rêves en silence!

Fais que mon âme un jour, sous l'Arbre de Science,

Près de toi se repose, à l'heure où sur ton front

Comme un Temple nouveau ses rameaux s'épandront!




La Mater Tenebrarum

27 05 2008

Un ami m'a demandé plus de détail sur le personnage de la « Mater Tenebrarum de Charles Beaudelaire » donc je parlais dans mon texte : « Fils de la douleur » que j'avais mis le 25 dec 07 sur le blogue.

C'est dans le texte :

« LEVANA ET NOS NOTRE-DAME DES TRISTESSES »

Commençant à la page : 147 dans le livre « Les Paradis Artificiels de Charles Beaudelaire » où il est question des trois Déesses de la tristesse .

La première et la plus âgée des trois soeurs est Mater Lachrymarum = Notre-Dame des Larmes, C'est elle qui nuit et jour , divague et gémit, invoquant des visages évanouis.

La seconde s'appelle Mater Suspiriorum = Notre-Dame des Soupirs, Elle ne pleure pas, elle ne gémit pas. De temps à autre elle soupire inintelligiblement. Notre-Dame des Soupirs ne crie jamais , n'accuse jamais, ne rêve jamais de révolte. Elle est humble jusqu'à l'abjection. Sa douceur est celle des êtres sans espoir.

La troisième la plus jeune s'appelle Mater Tenebrarum = Notre-Dame des Ténèbres , celle donc qu'on ne doit parler d'elle qu'à voix basse , celle avec son triple voile de crêpe donc elle enveloppe sa tête avec une lumière sauvage s'échappant de ses yeux. Celle qui défi Dieu . Celle qui peut porter à la démence et au suicide . Se mouvant dans des mouvements impossibles à prévoir .




Le Beau

04 05 2008

Le beau est toujours bizarre

Charles Beaudelaire




Mon coeur mis a nu » de Charles Beaudelaire

14 02 2008

Voici 4 textes provenant de l'oeuvre testamentaire :

« Mon coeur mis a nu » de Charles Beaudelaire .

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Presque toute notre vie est employée à des curiosités niaises. En revanche, il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger par leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune.

Où sont nos amis morts ?

Pourquoi sommes-nous ici ?

Venons-nous de quelque part ?

Qu'est-ce que la liberté ?

Peut-elle s'accorder avec la loi providentielle ?

Le nombre des âmes est-il fini ou infini ?

Et le nombre des terres habitables ?

Etc., etc.

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La peine de mort est le résultat d'une idée mystique, totalement incomprise aujourd'hui. La peine de mort n'a pas pour but de sauver la société, matériellement du moins. Elle a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable. Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu'il y ait assentiment et joie, de la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le Paradis.

Dandies. L'envers de Claude Gueux. Théorie du sacrifice. Légitimation de la peine de mort. Le sacrifice n'est complet que par le sponte sua de la victime.

Un condamné à mort, raté par le bourreau, délivré par le peuple, retournerait au bourreau. Nouvelle justification de la peine de mort.

Quant à la torture, elle est née de la partie infâme du coeur de l'homme, assoiffé de voluptés. Cruauté et volupté, sensations identiques, comme l'extrême chaud et l'extrême froid.

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Pourquoi le spectacle de la mer est-il si infiniment et si éternellement agréable ?

Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement. Six ou sept lieues représentent pour l'homme le rayon de l'infini. Voilà un infini diminutif. Qu'importe, s'il suffit à suggérer l'idée de l'infini total ?

Douze ou quatorze lieues de liquide en mouvement suffisent pour donner la plus haute idée de beauté qui soit offerte à l'homme sur son habitacle transitoire.

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Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même emps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation.

Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle.

Et c'est de ce dégoûtant apéritif que l'homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l'homme.

Je ne comprends pas qu'une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.




Lesbos de Charles Baudelaire

07 02 2008

Mère des jeux latins et des voluptés grecques,

Lesbos, où les baisers, languissants ou joyeux,

Chauds comme les soleils, frais comme les pastèques,

Font l'ornement des nuits et des jours glorieux,

Mère des jeux latins et des voluptés grecques,

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Lesbos, où les baisers sont comme les cascades

Qui se jettent sans peur dans les gouffres sans fonds

Et courent, sanglotant et gloussant par saccades,

Orageux et secrets, fourmillants et profonds ;

Lesbos, où les baisers sont comme les cascades !

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Lesbos, où les Phrynés l'une l'autre s'attirent,

Où jamais un soupir ne resta sans écho,

A l'égal de Paphos les étoiles t'admirent,

Et Vénus à bon droit peut jalouser Sapho !

Lesbos où les Phrynés l'une l'autre s'attirent,

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Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,

Qui font qu'à leurs miroirs, stérile volupté !

Les filles aux yeux creux, de leur corps amoureuses,

Caressent les fruits mûrs de leur nubilité ;

Lesbos, terre des nuits chaudes et langoureuses,

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Laisse du vieux Platon se froncer l'œil austère ;

Tu tires ton pardon de l'excès des baisers,

Reine du doux empire, aimable et noble terre,

Et des raffinements toujours inépuisés.

Laisse du vieux Platon se froncer l'œil austère.

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Tu tires ton pardon de l'éternel martyre,

Infligé sans relâche aux cœurs ambitieux,

Qu'attire loin de nous le radieux sourire

Entrevu vaguement au bord des autres cieux !

Tu tires ton pardon de l'éternel martyre !

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Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge

Et condamner ton front pâli dans les travaux,

Si ses balances d'or n'ont pesé le déluge

De larmes qu'à la mer ont versé tes ruisseaux ?

Qui des Dieux osera, Lesbos, être ton juge ?

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Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste ?

Vierges au cœur sublime, honneur de l'Archipel,

Votre religion comme une autre est auguste,

Et l'amour se rira de l'Enfer et du Ciel !

Que nous veulent les lois du juste et de l'injuste ?

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Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre

Pour chanter le secret de ses vierges en fleurs,

Et je fus dès l'enfance admis au noir mystère

Des rires effrénés mêlés aux sombres pleurs;

Car Lesbos entre tous m'a choisi sur la terre.

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Et depuis lors je veille au sommet de Leucate,

Comme une sentinelle à l'œil perçant et sûr,

Qui guette nuit et jour brick, tartane ou frégate,

Dont les formes au loin frissonnent dans l'azur ;

Et depuis lors je veille au sommet de Leucate,

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Pour savoir si la mer est indulgente et bonne,

jb

Et parmi les sanglots dont le roc retentit

Un soir ramènera vers Lesbos, qui pardonne,

Le cadavre adoré de Sapho, qui partit

Pour savoir si la mer est indulgente et bonne !

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De la mâle Sapho, l'amante et le poète,

Plus belle que Vénus par ses mornes pâleurs !

- L'œil d'azur est vaincu par l'œil noir que tachète

Le cercle ténébreux tracé par les douleurs

De la mâle Sapho, l'amante et le poète!

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- Plus belle que Vénus se dressant sur le monde

Et versant les trésors de sa sérénité

Et le rayonnement de sa jeunesse blonde

Sur le vieil Océan de sa fille enchanté ;

Plus belle que Vénus se dressant sur le monde !

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- De Sapho qui mourut le jour de son blasphème,

Quand, insultant le rite et le culte inventé,

Elle fit son beau corps la pâture suprême

D'un brutal dont l'orgueil punit l'impiété

De celle qui mourut le jour de son blasphème .

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Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente,

Et, malgré les honneurs que lui rend l'univers,

S'enivre chaque nuit du cri de la tourmente

Que poussent vers les cieux ses rivages déserts.

Et c'est depuis ce temps que Lesbos se lamente !




Alchimie de la douleur de Charles Baudelaire

07 02 2008

L'un t'éclaire avec son ardeur,

L'autre en toi met son deuil, Nature !

Ce qui dit à l'un: Sépulture !

Dit à l'autre: Vie et splendeur !

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Hermès inconnu qui m'assistes

Et qui toujours m'intimidas,

Tu me rends l'égal des Midas,

Le plus triste des alchimistes;

»-----------------«

Par toi je change l'or en fer

Et le paradis en enfer;

Dans le suaire des nuages

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Je découvre un cadavre cher,

Et sur les célestes rivages

Je bâtis de grands sarcophages.




Le Vampire de Charles Baudelaire

04 11 2007

Toi qui, comme un coup de couteau,

Dans mon coeur plaintif es entrée;

Toi qui, forte comme un troupeau

De démons, vins, folle et parée,

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De mon esprit humilié

Faire ton lit et ton domaine;

- Infâme à qui je suis lié

Comme un forçat à la chaîne,

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Comme au jeu le joueur têtu,

Comme à la bouteille l'ivrogne,

Comme aux vermines la charogne,

- Maudite, maudite sois-tu!

»---------------«

J'ai prié le glaive rapide

De conquérir ma liberté

Et j'ai dit au poison perfide

De secourir ma lâcheté.

»---------------«

Hélas! le poison et le glaive

M'ont pris en dédain et m'ont dit:

«Tu n'es pas digne qu'on t'enlève

A ton esclavage maudit,

»---------------«

mbécile! - de son empire

Si nos efforts te délivraient,

Tes baisers ressusciteraient

Le cadavre de ton vampire!»




Les Métamorphoses du Vampire de Charles Baudelaire

04 11 2007

La femme cependant, de sa bouche de fraise,

En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise,

Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc,

Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc :

- « Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science

De perdre au fond d'un lit l'antique conscience.

Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants,

Et fais rire les vieux du rire des enfants.

Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles,

La lune, le soleil, le ciel et les étoiles !

Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés,

Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés,

Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste,

Timide et libertine, et fragile et robuste,

Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi,

Les anges impuissants se damneraient pour moi! »

»--------------------«

Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle,

Et que languissamment je me tournai vers elle

Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus

Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus!

Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante,

Et quand je les rouvris à la clarté vivante,

A mes côtés, au lieu du mannequin puissant

Qui semblait avoir fait provision de sang,

Tremblaient confusément des débris de squelette,

Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette

Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer,

Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.




Le Revenant de Charles Baudelaire

04 11 2007

Comme les anges à l'œil fauve,

Je reviendrai dans ton alcôve

Et vers toi glisserai sans bruit

Avec les ombres de la nuit,

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Et je te donnerai, ma brune,

Des baisers froids comme la lune

Et des caresses de serpent

Autour d'une fosse rampant.

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Quand viendra le matin livide,

Tu trouveras ma place vide,

Où jusqu'au soir il fera froid.

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Comme d'autres par la tendresse,

Sur ta vie et sur ta jeunesse,

Moi, je veux régner par l'effroi.




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