Pensée d'Origène « une réponse aux créationistes ».

10 09 2008

Voici un petit texte que j'ai trouvé sur l'internet. Je le met sur mon blogue question de répondre aux créationistes . ===== « Quel est l'homme de sens qui croira jamais que, le premier, le second et le troisième jours, le soir et le matin purent avoir lieu sans soleil, sans lune et sans étoiles, et que le jour, qui est nommé le premier, ait pu se produire lorsque le ciel n'était pas encore ? Qui serait assez stupide pour s'imaginer que Dieu a planté, à la manière d'un agriculteur, un jardin à Eden, dans un certain pays de l'Orient, et qu'il a placé là un arbre de vie tombant sous le sens, tel que celui qui en goûterait avec les dents du corps recevrait la vie ? » -------- « ... À quoi bon en dire davantage lorsque chacun, s'il n'est dénué de sens, peut facilement relever une multitude de choses semblables que l'Écriture raconte comme si elles étaient réellement arrivées et qui, à les prendre textuellement, n'ont guère eu de réalité. » ---------- Ce texte est d'Origène,




A Pamphile Le May de Louis-Honoré Fréchette (1839-1908)

12 08 2008

Ami, sur le flot noir ou la vague opaline, Naïfs fervents du Rêve ou jouets du Destin, Bien longtemps nous avons vers un port incertain Ouvert la même voile à la brise féline. Comme il est loin déjà notre premier matin ? Voici qu'à l'horizon notre soleil décline ; Et, voyageurs lassés, du haut de la colline, Nous tournons nos regards vers le passé lointain. Là, calme radieux, ailleurs bourrasque sombre ! Chimère qui sourit, espoir trompeur qui sombre, Joie ou peine, chacun réclamait sa moitié. Et, que le vent fût doux, ou battît notre toile, Jamais ne s'obscurcit pour nous la double étoile Du saint amour de l'Art et de notre amitié.




Extrait de Yasmina , texte d' Isabelle Eberhardt

29 07 2008

Jeune fille de Constantine, qu'es-tu venue faire ici, toi qui n'es point de mon pays, toi qui n'es point faite pour vivre dans la dune aveuglante... Jeune fille de Constantine, tu es venue et tu as pris mon coeur, et tu l'emporteras dans ton pays... Tu as juré de revenir, par le Nom très haut... Mais quand tu reviendras au pays des palmes, quand tu reviendras à El Oued, tu ne me retrouveras plus dans la DEMEURE DES FLEURS Cherche-moi dans la DEMEURE DE L'ÉTERNITÉ...




Misère de Pétrus Borel

13 07 2008

La faim mit au tombeau Malfilâtre ignoré. GILBERT. == À mon air enjoué, mon rire sur la lèvre, Vous me croyez heureux, doux, azyme et sans fièvre, Vivant, au jour le jour, sans nulle ambition, Ignorant le remords, vierge d'affliction ; À travers les parois d'une haute poitrine, Voit-on le coeur qui sèche et le feu qui le mine ? Dans une lampe sourde on ne saurait puiser Il faut, comme le coeur, l'ouvrir ou la briser. Aux bourreaux, pauvre André, quand tu portais ta tête, De rage tu frappais ton front sur la charrette, N'ayant pas assez fait pour l'immortalité, Pour ton pays, sa gloire et pour sa liberté. Que de fois, sur le roc qui borde cette vie, Ai-je frappé du pied, heurté du front d'envie, Criant contre le ciel mes longs tourments soufferts Je sentais ma puissance, et je sentais des fers ! Puissance,... fers,... quoi donc ? - rien, encore un poète Qui ferait du divin, mais sa muse est muette, Sa puissance est aux fers. - Allons ! on ne croit plus, En ce siècle voyant, qu'aux talents révolus. Travaille, on ne croit plus aux futures merveilles. - Travaille !... Eh ! le besoin qui me hurle aux oreilles, Étouffant tout penser qui se dresse en mon sein ! Aux accords de mon luth que répondre ?... j'ai faim !...




Pensée trouvée dans un journal

27 05 2008

Voici une pensée que j'ai trouvé dans un journal et que je partage avec vous : « Au stage avancé de la production de masse, une société produit sa propre auto-destruction . ------ILLICH -------




Le Palais Hanté d'Edgar Allan Poe

25 03 2008

Voici un poème que je partage avec vous. Il est d'Edgar Allan Poe et à été traduit par Charles Beaudelaire . On le retrouve dans l'Histoire : La chute de la Maison Usher . ««««««««« Le Palais Hanté »»»»»»»»»»»»»» - I - Dans la plus verte de nos vallées, Par les bons anges habitée , Autrefois un beau et majestueux palais, - Un rayonnant palais, - dressait son front. C'est dans le domaine du monarque Pensée, C'était là qu'il s'élevait ! Jamais séraphin ne déploya son aile Sur un édifice à moitié aussi beau. === - II - Des bannières blondes, superbes, dorées, À son dôme flottaient et ondulaient; (C'était,- tout cela, c'était dans le vieux, Dans le très vieux temps,) Et, à chaque douce brise qui se jouait Dans ces suaves journées, Le long des remparts chevelus et pâles, S'échappait un parfum ailé. === - III - Les voyageurs, dans cette heureuse vallée, À travers deux fenêtres lumineuses, voyaient Des esprits qui se mouvaient harmonieusement Au commandement d'un luth bien accordé, Tout autour d'un trône, où, siègeant - Un vrai Porphyrogénète, celui-là ! - Dans un apparat digne de sa gloire, Apparaissait le maître du royaume. === - IV - Et tout étincelante de nacre et de rubis Était la porte du beau palais, Par laquelle coulait à flots, à flots, à flots, Et pétillait incessamment Une troupe d'Échos dont l'agréable fonction Était simplement de chanter, Avec des accents d'une exquise beauté, L'esprit et la sagesse de leur roi. === - V - Mais des êtres de malheur, en robes de deuil, Ont assailli la haute autorité du monarque. - Ah ! pleurons ! car jamais l'aube d'un lendemain Ne brillera sur lui, le désolé ! - Et, tout autour de sa demeure, la gloire Qui s'empourprait et florissait N'est plus qu'une histoire, souvenir ténèbreux des vieux âges défunts. === - VI - Et maintenant les voyageurs, dans cette vallée, À travers les fenêtres rougeâtres, voient De vastes formes qui se meuvent fantastiquement Aux sons d'une musique discordante; Pendant que, comme une rivière rapide et lugubre, À travers la porte pâle, Une hideuse multitude se rue éternellement, Qui va éclatant de rire, - ne pouvant plus sourire.




"Les proverbes de l'Enfer" de William BLAKE

25 03 2008

Voici un extrait du « Mariage du Ciel et de l’Enfer », Sans doute, certains de ces proverbes vous sont déjà familiers sans que vous puissez leur associer un auteur. Et bien, voilà un mal qui sera réparé ! Traduction d'André Gide - édition José Corti. Dans le temps des semailles, apprends ; dans le temps des moissons, enseigne ; en hiver, jouis. Conduis ton char et ta charrue par-dessus les ossements des morts. Le chemin de l’excès mène au palais de la Sagesse. La Prudence est une riche et laide vieille fille à qui l’incapacité fait la cour. Le Désir non suivi d’action engendre la pestilence. Le ver que coupe la charrue, lui pardonne. Celui qui aime l’eau, qu’on le plonge dans la rivière. Un sage ne voit pas le même arbre qu’un fou. Celui dont le visage est sans rayons ne deviendra jamais une étoile. Des ouvrages du temps l’Éternité reste amoureuse. La diligente abeille n’a pas de temps pour la tristesse. Les heures de la folie sont mesurées par l’horloge, mais celles de la sagesse aucune horloge ne les peut mesurer. Les seules nourritures salubres sont celles que ne prend ni nasse ni trébuchet. Livre de comptes, toise et balance – garde cela pour les temps de disette. L’oiseau ne vole jamais trop haut, qui vole de ses propres ailes. Un corps mort ne venge pas d’une injure. L’acte le plus sublime, c’est de placer un autre avant soi. Si le fou persévérait dans sa folie, il rencontrerait la Sagesse. Insanité, masque du fourbe. Pudeur, masque de l’orgueil. C’est avec les pierres de la Loi qu’on a bâti les prisons et avec les briques de la religion, les bordels. Orgueil de paon, gloire de Dieu ; Lubricité du bouc, munificence de Dieu ; Colère du lion, sapience de Dieu ; Nudité de la femme, travail de Dieu. L’excès de chagrin rit ; l’excès de plaisir, pleure. Le rugissement des lions, le hurlement des loups, le soulèvement de la mer en furie et le glaive destructeur, sont des morceaux d’éternité trop énormes pour l’œil des hommes. Renard pris n’accuse que le piège. La joie féconde, la douleur accouche. Que l’homme vête la dépouille du lion ; la femme, la toison de la brebis. A l’oiseau le nid ; à l’araignée la toile ; à l’homme l’amitié. Le fou égoïste et souriant, et le fou morne et renfrogné, seront tenus tous deux pour sages, et serviront de verge et de fléau. Évidence d’aujourd’hui, imagination d’hier. Le rat, la souris, le renard, le lapin, regardent vers les racines ; le lion, le tigre, le cheval, l’éléphant regardent vers les fruits. Citerne contient, fontaine déborde. Une pensée, et l’immensité est emplie. Sois toujours prêt à dire ton opinion, et le lâche t’évitera. Tout ce qu’il est possible de croire, est un miroir de vérité. L’aigle jamais n’a perdu plus de temps, qu’en écoutant les leçons du corbeau. Le renard se pourvoit, Dieu pourvoit au lion. Le matin, pense ; à midi, agis ; le soir, mange ; la nuit, dors. Qui s’en est laissé imposer par toi, te connaît. La charrue ne suit pas plus les paroles que la récompense de Dieu les prières. Les tigres de la colère sont plus sages que les chevaux du savoir. N’attends que du poison des eaux stagnantes. Celui-là seul connaît la suffisance, qui d’abord a connu l’excès. Souffrir les remontrances du fou : privilège royal. Yeux, de feu ; narines, d’air ; bouche, d’eau ; barbe, de terre. Pauvre en courage est riche en ruse. Le pommier pour pousser ne prend point conseil du hêtre ; ni le lion, ni le cheval pour se nourrir. Aux reconnaissants, les mains pleines. C’est parce que d’autres ont été fous, que nous, nous pouvons ne pas l’être. L’âme du doux plaisir ne peut être souillée. Si plane un aigle, lève la tête ; tu contemples une parcelle de génie. De même que la chenille choisit, pour y poser ses œufs, les feuilles les plus belles ; ainsi le prêtre pose ses malédictions sur nos plus belles joies. Pour créer la moindre fleur, des siècles ont travaillé. Malédiction tonifie ; Bénédiction lénifie. Le meilleur vin, c’est le plus vieux ; la meilleure eaux, c’est la plus neuve. Les prières ne labourent pas ! Les louanges, ne moissonnent pas ! Les joies, ne rient pas ! Les chagrins, ne pleurent pas ! Tête, le Sublime ; cœur, le Pathos ; génitoires, la Beauté ; pieds et mains, la Proportion. Tel l’air à l’oiseau, ou la mer au poisson, le mépris à qui le mérite. Le corbeau voudrait que tout soit noir, et le hibou que tout soit blanc. Exubérance, c’est Beauté ! Le lion serait rusé, si conseillé par le renard. La culture trace des chemins droits ; mais les chemins tortueux sans profit sont ceux-là mêmes du génie. Plutôt étouffer un enfant au berceau, que de bercer d’insatisfaits désirs. L’homme absent, la nature est stérile. La vérité, jamais ne peut être dite de telle manière qu’elle soit comprise et ne soit pas crue.




Sonnet # 1 de Stéphane Mallarmé

03 03 2008

Quand l'ombre menaça de la fatale loi Tel vieux Rêve, désir et mal de mes vertèbres, Affligé de périr sous les plafonds funèbres Il a ployé son aile indubitable en moi. Luxe, à salle d'ébène où, pour séduire un roi Sa tordent dans leur mort des guirlandes célèbres, Vous n'êtes qu'un orgueil menti par les ténèbres Aux yeux du solitaire ébloui de sa foi. Oui, je sais qu'au lointain de cette nuit, la Terre Jette d'un grand éclat l'insolite mystère, Sous les siècles hideux qui l'obscurcissent moins. L'espace à soi pareil qu'il s'accroissent ou se nie Roule dans cet ennui des feux vils pour témoins Que s'est d'un astre en fête allumé le génie.




Sonnet # 2 de Stéphane Mallarmé

03 03 2008

Victorieusement fui le suicide beau Tison de gloire, sang par écume, or, tempête ! O rire si là-bas une pourpre s'apprête A ne tendre royal que mon absent tombeau. Quoi ! de tout cet éclat pas même le lambeau S'attarde, il est minuit, à l'ombre qui nous fête Excepté qu'un trésor présomptueux de tête Verse son caressé nonchaloir sans flambeau, La tienne si toujours le délice ! la tienne Oui seule qui du ciel évanoui retienne Un peu de puéril triomphe en t'en coiffant Avec clarté quand sur les coussins tu la poses Comme un casque guerrier d'impératrice enfant Dont pour te figurer il tomberait des roses.




Sonnet # 3 de Stéphane Mallarmé

03 03 2008

Ses purs ongles très haut dédiant leur onyx, L'Angoisse ce minuit, soutient, lampadophore, Maint rêve vespéral brûlé par le Phénix Que ne recueille pas de cinéraire amphore Sur les crédences, au salon vide : nul ptyx, Aboli bibelot d'inanité sonore, (Car le Maître est allé puiser des pleurs au Styx Avec ce seul objet dont le Néant s'honore.) Mais proche la croisée au nord vacante, un or Agonise selon peut-être le décor Des licornes ruant du feu contre une nixe, Elle, défunte nue en le miroir, encore Que, dans l'oubli fermé par le cadre, se fixe De scintillations sitôt le septuor.




la Marchande d'Herbes Aromatiques, Textes de Stéphane Mallarmé

03 03 2008

Ta paille azur de lavandes, Ne crois pas avec ce cil Osé que tu me la vendes Comme à l'hypocrite s'il En tapisse la muraille De lieux les absolus lieux Pour le ventre qui se raille Renaître aux sentiments bleus. Mieux entre une envahissante Chevelure ici mets-la Que le brin salubre y sente, Zéphirine, Paméla Ou conduise vers l'époux Les prémices de tes poux.




Poème de la cassure, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Tout épris qu’il fût des mailles sac de soies et de sévices mon amour a saveur d’âme sous sa coque de silice mais au geste oblong du crabe ta méfiance se mesure dans l’avide carapace tombent les graviers d’usure Ton boudoir à l’avenant n’offre que paroi convexe quand je n’ai plus deniers sonnants pour la sébile de ton sexe.




Entre cri et silence, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Orties cuisant pèlerinage persistance verte d’ennui vagues amères d’un orage aux sourcils froncés d’un talus. Ingrate lèvre d’un présage fugitif ou lent circuit veiné d’électrique mirage l’amertume se sent nue. Acre la lèvre où s’humecte dans les mailles de l’ortie le baiser de la suspecte. Âme vol de sœur infirme dentelée d’or ou d’abîme sous une traîne de suie.




Masques pour une ordalie, de Roger-Arnould Rivière

03 03 2008

Crâne de plomb lascif lit-cage de mes années sous tes linges croupis ta mariole de vie s’insurge ventre dru J’ai soif de coucheries sur les remblais de sel où des scorpions odieux se pourlèchent les moelles Passions à l’étuvée laits de gonfles fortuites tes orgues et tes guis crèvent sur l’ongle blanc de cimes à peine taillées replètes à mi-poursuite entre l’épure et le large.




Texte de Jacques Prevel

03 03 2008

Je t'ai raconté l'histoire des grands scarabées joueurs d'échecs Des grands scarabées légendaires, Qui gardent la lumière des astres Et de ce poète allemand qui pendant ses vacances à la mer Avec son chien fabuleux qui lisait maître Eckhart Et interprétait les songes de son Maître qui s'ennuyait Pourquoi n'as-tu pas voulu croire à toutes ces choses Notre amour fut une aventure plus rare que celle des scarabées             Jacques Prevel




Devant Mon Berceau d'Émille Nelligan

28 02 2008

En la grand'chambre ancienne aux rideaux de guipure Où la moire est flétrie et le brocart fané, Parmi le mobilier de deuil où je suis né Et dont se scelle en moi l'ombre nacrée et pure ; Avec l'obsession d'un sanglot étouffant, Combien ma souvenance eut d'amertume en elle, Lorsque, remémorant la douceur maternelle, Hier, j'étais penché sur ma couche d'enfant. Quand je n'étais qu'au seuil de ce monde mauvais, Berceau, que n'as-tu fait pour moi tes draps funèbres ? Ma vie est un blason dur des murs de ténèbres, Et mes pas sont fautifs où maintenant je vais. Ah ! que n'a-t-on tiré mon linceul de tes langes, Et mon petit cercueil de ton bois frêle et blanc, Alors que se penchait sur ma vie, en tremblant, Ma mère souriante avec l'essaim des anges !




Chapelle Ruinée d' Émille Nelligan

28 02 2008

Et je retourne encor frileux, au jet des bruines, Par le délabrement du parc d'octobre. Au bout De l'allée où se voit ce grand Jésus debout, Se massent des soupçons de chapelle en ruines. Je refoule, parmi viornes, vipérines, Rêveur, le sol d'antan où gîte le hibou ; L'Érable sous le vent se tord comme un bambou. Et je sens se briser mon coeur dans ma poitrine. Cloches des âges morts sonnant à timbres noirs Et les tristesses d'or, les mornes désespoirs, Portés par un parfum que le rêve rappelle, Ah ! comme, les genoux figés au vieux portail, Je pleure ces débris de petite chapelle... Au mur croulant, fleuri d'un reste de vitrail !




Le Guignon de Stéphane Mallarmé

25 02 2008

Au dessus du bétail ahuri des humains Bondissaient en clartés les sauvages crinières Des mendieurs d'azur le pied dans nos chemins. Un noir vent sur leur marche éployé pour bannières La flagellait de froid tel jusque dans la chair, Qu'il y creusait aussi d'irritables ornières. Toujours avec l'espoir de rencontrer la mer, Ils voyageaient sans pain, sans bâtons et sans urnes, Mordant au citron d'or de l'idéal amer. La plupart râla dans les défilés nocturnes, S'enivrant du bonheur de voir couler son sang, O Mort le seul baiser aux bouches taciturnes ! Leur défaite, c'est par un ange très puissant Debout à l'horizon dans le nu de son glaive : Une pourpre se caille au sein reconnaissant. Il tettent la douleur comme ils tétaient le rêve Et quand ils vont rythmant des pleurs voluptueux Le peuple s'agenouille et leur mère se lève. Ceux-là sont consolés, sûrs et majestueux ; Mais traînent à leurs pas cent frères qu'on bafoue, Dérisoires martyrs de hazards tortueux. Le sel pareil des pleurs ronge leur douce joue, Ils mangent de la cendre avec le même amour, Mais vulgaire ou bouffon le destin qui les roue. Ils pouvaient exciter aussi comme un tambour La servile pitié des races à voix ternes, Égaux de Prométhée à qui manque un vautour ! Non, vils et fréquentant les déserts sans citerne, Ils courent sous le fouet d'un monarque rageur, Le Guignon, dont le rire inouï les prosterne. Amants, il saute en croupe à trois, le partageur ! Puis le torrent franchi, vous plonge en une mare Et laisse un bloc boueux du blanc couple nageur. Grâce à lui, si l'un souffle à son buccin bizarre, Des enfants nous tordront en un rire obstiné Qui, le poing à leur cul, singeront sa fanfare. Grâce à lui, si l'une orne à point un sein fané Par une rose qui nubile le rallume, De la bave luira sur son bouquet damné. Et ce squelette nain, coiffé d'un feutre à plume Et botté, dont l'aisselle à pour poils vrais des vers, Est pour eux l'infini de la vaste amertume. Vexés ne vont-ils pas provoquer le pervers, Leur rapière grinçant suit le rayon de lune Qui neige en sa carcasse et qui passe au travers. Désolés sans l'orgueil qui sacre l'infortune, Et tristes de venger leurs os de coups de bec, Ils convoitent la haine, au lieu de la rancune. Ils sont l'amusement des racleurs de rebec, Des marmots, des putains et de la vieille engeance Des loqueteux dansant quand le broc est à sec. Les poètes bons pour l'aumône ou la vengeance, Ne connaissant le mal de ces dieux effacés, Les disent ennuyeux et sans intelligence. « Ils peuvent fuir ayant de chaque exploit assez, « Comme un vierge cheval écume de tempête « Plutôt que de partir en galops cuirassés. « Nous soûlerons d'encens le vainqueur dans la fête : « Mais eux, pourquoi n'endosser pas, ces baladins, « D'écarlate haillon hurlant que l'on s'arrête ! » Quand en face tous leur ont craché les dédains, Nuls et la barbe à mots bas priant le tonnerre, Ces héros excédés de malaises badins. Vont ridiculement se pendre au réverbère.




Histoires Blanches d'André Frédérique

25 02 2008

J'ai bien du mérite à rester chez mon père, qui fait tout pour me contrarier. Je ne dors même plus dans le coffre à linge, on ne me concède que le cellier rempli de tessons. Encore pendant la nuit mon père m'ajuste-t-il à chaque pied ses deux grandes pinces qui me tiennent éveillé jusqu'au matin. Je ne puis crier, sans cela ce sont les sangsues qui rayonnent autour de mon front comme une couronne. Il laisse aussi passer de petits nuages par une sorte de tuyau à la hauteur de mon nez, qui font apparaître des lions, des mandragores ou des porcs-épics (pas toujours). Je suis envahi. Ma mère, qui souffre en silence pour moi, passe à travers les pièces en glissant, la tête cachée sous un voile noir. Le dimanche, c'est la corvée d'angoisse, c'est dire si j'appréhende la fin de la semaine. Il me mène au bord d'un gouffre, cent à cent cinquante mètres (nous sommes dans un pays de faible relief), attaché par un cordon assez mince pour me causer des frayeurs inouïes à chaque geste que je fais, assez solide pour me retenir au vieil arbre pourri qui craque lentement [...].




Pensée de Claude Seignolle

25 02 2008

« Qui s’est vengé ? Dieu ou Diable ? Les deux, qui sont peut-être le même ! » (Claude Seignolle, La vierge maudite)




Traduction de : The rime of the ancient mariner de Samuel Taylor Coleridge

14 02 2008

Voici la traduction de The rime of the ancient mariner de Samuel Taylor Coleridge . Iron Maiden en a même fait une pièce sur l'album Power Slave . ============= VERSION ANGLAISE : It is an ancient Mariner, And he stoppeth one of three. "By thy long beard and glittering eye, Now wherefore stopp'st thou me ? The Bridegroom's doors are opened wide, And I am next of kin ; The guests are met, the feast is set : May'st hear the merry din." He holds him with his skinny hand, "There was a ship,' quoth he. "Hold off ! unhand me, grey-beard loon !" Eftsoons his hand dropt he. He holds him with his glittering eye- The Wedding-Guest stood still, And listens like a three years' child : The Mariner hath his will. [...] Alone, alone, all, all alone, Alone on a wide wide sea ! And never a saint took pity on My soul in agony. The many men, so beautiful ! And they all dead did lie : And a thousand thousand slimy things Lived on ; and so did I. I looked upon the rotting sea, And drew my eyes away ; I looked upon the rotting deck, And there the dead men lay. [...] The moving Moon went up the sky, And no where did abide : Softly she was going up, And a star or two beside- Her beams bemocked the sultry main, Like April hoar-frost spread ; But where the ship's huge shadow lay, The charméd water burnt alway A still and awful red. Beyond the shadow of the ship, I watched the water-snakes : They moved in tracks of shining white, And when they reared, the elfish light Fell off in hoary flakes. [...] O happy living things ! no tongue Their beauty might declare : A spring of love gushed from my heart, And I blessed them unaware : Sure my kind saint took pity on me, And I blessed them unaware. The self-same moment I could pray ; And from my neck so free The Albatross fell off, and sank Like lead into the sea. [...] Farewell, farewell ! but this I tell To thee, thou Wedding-Guest ! He prayeth well, who loveth well Both man and bird and beast. He prayeth best, who loveth best All things both great and small ; For the dear God who loveth us, He made and loveth all. The Mariner, whose eye is bright, Whose beard with age is hoar, Is gone : and now the Wedding-Guest Turned from the bridegroom's door. He went like one that hath been stunned, And is of sense forlorn : A sadder and a wiser man, He rose the morrow morn. =========== VERSION FRANÇAISE : C'est un vieux marin, Et il arrêta l'un des trois "Par ta longue barbe et ton oeil scintillant Pourquoi donc alors m'arrêtes-tu? Les portes du marié sont grandes ouvertes Et je suis un proche parent J'ai rencontré les invités, le festin est servi Tu peux entendre le tumulte des réjouissances." Il le retint de sa main maigre, "Il y avait un bateau" dit-il. Ecarte-toi! lâche-moi, vieux sénile à la barbe grisonnante! Aussitôt il lachâ prise. Il le retint de son oeil scintillant, L'invité resta immobile, Et écouta comme un enfant de trois ans, Le marin avait atteint son but. [...] Seul seul, vraiment, vraiment seul, Seul sur une si grande mer, Et jamais un saint ne prit en pitié Mon âme à l'agonie. Les nombreux hommes, si magnifiques! Et tous gisaient là, morts: Et des centaines et des centaines de choses visqueuses Vivaient; je fis de même. Je regardai sur la mer pourrissante, Et détournai les yeux; Je regardai sur le pont pourrissant, Et là, les morts gisaient. [...] La Lune en mouvement gravissait le ciel, Et ne s'arrêtait pas, Doucement, elle s'élevait, Une étoile ou deux l'accompagnait. Ses rayons se moquaient de l'océan si lourd, Comme les gelées blanches d'avril, Mais là où l'immense ombre du bateau reposait, L'eau envoûtée brûlait toujours D'un rouge horrible et sans fin. A travers l'ombre du bateau, Je regardais les serpents de mer: Ils suivaient des chemins d'un blanc éclatant Et quand ils se dressaient, la lumière mystérieuse Retombait dans de clairs éclats. [...] Oh, créatures joyeuses et vivantes; aucune langue Ne pourrait décrire leur beauté: Un élan de compassion jaillit de mon coeur Et je les bénis sans le savoir: Certainement, mon bon saint eut pitié de moi, Et je les bénis sans le savoir. Au moment même où je pus prier, Et de mon cou libéré, L'albatros tomba et coula Comme entraîné dans la mer. [...] Adieu, adieu! mais je te dis ceci A toi, toi l'invité! Celui qui prie, c'est celui qui aime, L'homme, l'oiseau et la bête. Il prie plus encore, celui qui aime plus encore, Toute choses, petites ou grandes; Car le Dieu bon qui nous aime, Les fit et les aime tous. Et le marin, dont l'oeil brille, Dont la barbe grise de par l'âge, Est parti: et désormais l'invité Se détourna des portes du marié. Il s'en alla, comme un homme marqué, Et privé de tout sens: En homme plus triste et plus sage, Il se joignit à l'aube du lendemain.




Texte de Voltaire # 4

28 12 2007

'' La religion existe depuis que le premier hypocrite a rencontré le premier imbécile ! '' de François-Marie Arouet, dit Voltaire




Texte de Voltaire # 3

28 12 2007

'' Dieu est un comédien jouant devant un public trop effrayé pour rire ''




Le Tombeau d’Edgar Poe par Stéphane Mallarmé

04 11 2007

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change, Le Poète suscite avec un glaive nu Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange Donner un sens plus pur aux mots de la tribu Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. Du sol et de la nue hostiles, à grief ! Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur Que ce granit du moins montre à jamais sa borne Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.




Texte de Voltaire # 2

03 11 2007

Je remercie Votre Altesse Royale de ce qu’elle veut bien se charger de ma nourriture, mais je la prie de ne plus se charger de mon logement. Suite à la pension de 1000 écus reçu du Roi suite à sa libération de la Bastille




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