Publié le mardi 8 avril 2008

Je ne cherche qu'à garder la tête haute !

08 04 2008

Vous me percevez comme insociable, parfois rapide à réagir. Vous pensez que j'ai un sal caractère , n'est-ce pas ? Je sais que vous me comprenez pas ! Tout ce que je cherche, c'est simplement garder la tête haute. Face au manipulateur ! Face au narcissisme ! Comme le loup, malgré la douleur encourue et les blessures que j'en subis, j'affronte lorsqu'on m'injure, me méprise. Je mord lorsque je prend conscience qu'on protège le répugnant. Surtout avant de me jeter le blâme, regardez qui ou quoi est source de ma révolte. Je ne cherche qu'à être capable de me regarder dans le miroir sans ressentir aucune honte . Je désire simplement pouvoir marcher la tête haute ! Je ne cherche qu'à garder la tête haute !




A ceux qu'on foule aux pieds Victor HUGO

08 04 2008

« extrait » ...Ce n'est pas le canon du noir vendémiaire, Ni les boulets de juin, ni les bombes de mai, Qui font la haine éteinte et l'ulcère fermé. Moi, pour aider le peuple à résoudre un problème, Je me penche vers lui. Commencement : je l'aime. Le reste vient après. Oui, je suis avec vous, J'ai l'obstination farouche d'être doux, Ô vaincus, et je dis : Non, pas de représailles ! Ô mon vieux coeur pensif, jamais tu ne tressailles Mieux que sur l'homme en pleurs, et toujours tu vibras Pour des mères ayant leurs enfants dans les bras. Quand je pense qu'on a tué des femmes grosses, Qu'on a vu le matin des mains sortir des fosses, Ô pitié ! quand je pense à ceux qui vont partir ! Ne disons pas : Je fus proscrit, je fus martyr. Ne parlons pas de nous devant ces deuils terribles ; De toutes les douleurs ils traversent les cribles ; Ils sont vannés au vent qui les emporte, et vont Dans on ne sait quelle ombre au fond du ciel profond. Où ? qui le sait ? leurs bras vers nous en vain se dressent. Oh ! ces pontons sur qui j'ai pleuré reparaissent, Avec leurs entreponts où l'on expire, ayant Sur soi l'énormité du navire fuyant ! On ne peut se lever debout ; le plancher tremble ; On mange avec les doigts au baquet tous ensemble, On boit l'un après l'autre au bidon, on a chaud, On a froid, l'ouragan tourmente le cachot ; L'eau gronde, et l'on ne voit, parmi ces bruits funèbres, Qu'un canon allongeant son cou dans les ténèbres. Je retombe en ce deuil qui jadis m'étouffait. Personne n'est méchant, et que de mal on fait !




Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent de Victor HUGO

08 04 2008

Ceux qui vivent, ce sont ceux qui luttent ; ce sont Ceux dont un dessein ferme emplit l'âme et le front. Ceux qui d'un haut destin gravissent l'âpre cime. Ceux qui marchent pensifs, épris d'un but sublime. Ayant devant les yeux sans cesse, nuit et jour, Ou quelque saint labeur ou quelque grand amour. C'est le prophète saint prosterné devant l'arche, C'est le travailleur, pâtre, ouvrier, patriarche. Ceux dont le coeur est bon, ceux dont les jours sont pleins. Ceux-là vivent, Seigneur ! les autres, je les plains. Car de son vague ennui le néant les enivre, Car le plus lourd fardeau, c'est d'exister sans vivre. Inutiles, épars, ils traînent ici-bas Le sombre accablement d'être en ne pensant pas. Ils s'appellent vulgus, plebs, la tourbe, la foule. Ils sont ce qui murmure, applaudit, siffle, coule, Bat des mains, foule aux pieds, bâille, dit oui, dit non, N'a jamais de figure et n'a jamais de nom ; Troupeau qui va, revient, juge, absout, délibère, Détruit, prêt à Marat comme prêt à Tibère, Foule triste, joyeuse, habits dorés, bras nus, Pêle-mêle, et poussée aux gouffres inconnus. Ils sont les passants froids sans but, sans noeud, sans âge ; Le bas du genre humain qui s'écroule en nuage ; Ceux qu'on ne connaît pas, ceux qu'on ne compte pas, Ceux qui perdent les mots, les volontés, les pas. L'ombre obscure autour d'eux se prolonge et recule ; Ils n'ont du plein midi qu'un lointain crépuscule, Car, jetant au hasard les cris, les voix, le bruit, Ils errent près du bord sinistre de la nuit. Quoi ! ne point aimer ! suivre une morne carrière Sans un songe en avant, sans un deuil en arrière, Quoi ! marcher devant soi sans savoir où l'on va, Rire de Jupiter sans croire à Jéhova, Regarder sans respect l'astre, la fleur, la femme, Toujours vouloir le corps, ne jamais chercher l'âme, Pour de vains résultats faire de vains efforts, N'attendre rien d'en haut ! ciel ! oublier les morts ! Oh non, je ne suis point de ceux-là ! grands, prospères, Fiers, puissants, ou cachés dans d'immondes repaires, Je les fuis, et je crains leurs sentiers détestés ; Et j'aimerais mieux être, ô fourmis des cités, Tourbe, foule, hommes faux, coeurs morts, races déchues, Un arbre dans les bois qu'une âme en vos cohues !




Dépouille d'oiseau

08 04 2008

C'est le printemps qui débute. Je m'assis dans le parc Place d'Armes , les tas de neige fondent laissant place au sol ,...ainsi que la dépouille d'un oiseau. Mort de froid ou de faim ? Agressé par un animal ou pas ? Qui se soucis de cet oiseau ? Victime innocente de cette présence humaine et de son développement . Celui qui pourtant n'avait rien à se reprocher. Lui , qui n'avait pourtant jamais causé le moindre préjudice.




A Vianden de Victor Hugo

08 04 2008

Il songe. Il s'est assis rêveur sous un érable. Entend-il murmurer la forêt vénérable ? Regarde-t-il les fleurs ? regarde-t-il les cieux ? Il songe. La nature au front mystérieux Fait tout ce qu'elle peut pour apaiser les hommes ; Du coteau plein de vigne au verger plein de pommes Les mouches viennent, vont, reviennent ; les oiseaux Jettent leur petite ombre errante sur les eaux ; Le moulin prend la source et l'arrête au passage ; L'étang est un miroir où le frais paysage Se renverse et se change en vague vision ; Tout dans la profondeur fait une fonction ; Pas d'atome qui n'ait sa tâche ; tout s'agite ; Le grain dans le sillon, la bête dans son gîte, Ont un but ; la matière obéit à l'aimant ; L'immense herbe infinie est un fourmillement ; Partout le mouvement sans relâche et sans trêve, Dans ce qui pousse, croît, monte, descend, se lève, Dans le nid, dans le chien harcelant les troupeaux, Dans l'astre ; et la surface est le vaste repos ; En dessous tout s'efforce, en dessus tout sommeille ; On dirait que l'obscure immensité vermeille Qui balance la mer pour bercer l'alcyon, Et que nous appelons Vie et Création, Charmante, fait semblant de dormir, et caresse L'universel travail avec de la paresse. Quel éblouissement pour l'oeil contemplateur ! De partout, du vallon, du pré, de la hauteur, Du bois qui s'épaissit et du ciel qui rougeoie, Sort cette ombre, la paix, et ce rayon, la joie. Et maintenant, tandis qu'à travers les ravins, Une petite fille avec des yeux divins Et de lestes pieds nus dignes de Praxitèle, Chasse à coups de sarment sa chèvre devant elle, Voici ce qui remue en l'âme du banni : - Hélas ! tout n'est pas dit et tout n'est pas fini Parce qu'on a creusé dans la rue une fosse, Parce qu'un chef désigne un mur où l'on adosse De pauvres gens devant les feux de pelotons, Parce qu'on exécute au hasard, à tâtons, Sans choix, sous la mitraille et sous la fusillade, Pères, mères, le fou, le brigand, le malade, Et qu'on fait consumer en hâte par la chaux Des corps d'hommes sanglants et d'enfants encor chauds !




L'ascenseur

08 04 2008

Je prend l'ascenseur, un jeune preps ( preppy ) s'incère dans l'ascenseur rapidement, sûrement qu'il était en retard ! Il commence à s'admirer dans le mur miroir de l'ascenseur. Il prit spontanément conscience qu'il avait dépasser son étage avec fustration. Et oui, il arrive que certains soient tellement préoccupé par leur apparence qu'ils peut leurs arriver leur but ! Simplement en étant obcèdé de leur apparence qu'ils ne perçoivent pas leur but même lorsqu'ils y sont juste à côté ! Mais après tout, au moins le toupet était bien placé !




A qui donc sommes-nous ? de Victor HUGO (1802-1885)

08 04 2008

A qui donc sommes-nous ? Qui nous a ? qui nous mène ? Vautour fatalité, tiens-tu la race humaine ? Oh ! parlez, cieux vermeils, L'âme sans fond tient-elle aux étoiles sans nombre ? Chaque rayon d'en haut est-il un fil de l'ombre Liant l'homme aux soleils ? Est-ce qu'en nos esprits, que l'ombre a pour repaires, Nous allons voir rentrer les songes de nos pères ? Destin, lugubre assaut ! O vivants, serions-nous l'objet d'une dispute ? L'un veut-il notre gloire, et l'autre notre chute ? Combien sont-ils là-haut ? Jadis, au fond du ciel, aux yeux du mage sombre, Deux joueurs effrayants apparaissaient dans l'ombre. Qui craindre? qui prier ? Les Manès frissonnants, les pâles Zoroastres Voyaient deux grandes mains qui déplaçaient les astres Sur le noir échiquier. Songe horrible! le bien, le mal, de cette voûte Pendent-ils sur nos fronts ? Dieu, tire-moi du doute! O sphinx, dis-moi le mot ! Cet affreux rêve pèse à nos yeux qui sommeillent, Noirs vivants! heureux ceux qui tout à coup s'éveillent Et meurent en sursaut !




A celle qui est voilée de Victor HUGO (1802-1885)

08 04 2008

Tu me parles du fond d'un rêve Comme une âme parle aux vivants. Comme l'écume de la grève, Ta robe flotte dans les vents. Je suis l'algue des flots sans nombre, Le captif du destin vainqueur ; Je suis celui que toute l'ombre Couvre sans éteindre son coeur. Mon esprit ressemble à cette île, Et mon sort à cet océan ; Et je suis l'habitant tranquille De la foudre et de l'ouragan. Je suis le proscrit qui se voile, Qui songe, et chante, loin du bruit, Avec la chouette et l'étoile, La sombre chanson de la nuit. Toi, n'es-tu pas, comme moi-même, Flambeau dans ce monde âpre et vil, Ame, c'est-à-dire problème, Et femme, c'est-à-dire exil ? Sors du nuage, ombre charmante. O fantôme, laisse-toi voir ! Sois un phare dans ma tourmente, Sois un regard dans mon ciel noir ! Cherche-moi parmi les mouettes ! Dresse un rayon sur mon récif, Et, dans mes profondeurs muettes, La blancheur de l'ange pensif ! Sois l'aile qui passe et se mêle Aux grandes vagues en courroux. Oh, viens ! tu dois être bien belle, Car ton chant lointain est bien doux ; Car la nuit engendre l'aurore ; C'est peut-être une loi des cieux Que mon noir destin fasse éclore Ton sourire mystérieux ! Dans ce ténébreux monde où j'erre, Nous devons nous apercevoir, Toi, toute faite de lumière, Moi, tout composé de devoir ! Tu me dis de loin que tu m'aimes, Et que, la nuit, à l'horizon, Tu viens voir sur les grèves blêmes Le spectre blanc de ma maison. Là, méditant sous le grand dôme, Près du flot sans trêve agité, Surprise de trouver l'atome Ressemblant à l'immensité, Tu compares, sans me connaître, L'onde à l'homme, l'ombre au banni, Ma lampe étoilant ma fenêtre A l'astre étoilant l'infini ! Parfois, comme au fond d'une tombe, Je te sens sur mon front fatal, Bouche de l'Inconnu d'où tombe Le pur baiser de l'Idéal. A ton souffle, vers Dieu poussées, Je sens en moi, douce frayeur, Frissonner toutes mes pensées, Feuilles de l'arbre intérieur. Mais tu ne veux pas qu'on te voie ; Tu viens et tu fuis tour à tour ; Tu ne veux pas te nommer joie, Ayant dit : Je m'appelle amour. Oh ! fais un pas de plus ! Viens, entre, Si nul devoir ne le défend ; Viens voir mon âme dans son antre, L'esprit lion, le coeur enfant ; Viens voir le désert où j'habite Seul sous mon plafond effrayant ; Sois l'ange chez le cénobite, Sois la clarté chez le voyant. Change en perles dans mes décombres Toutes mes gouttes de sueur ! Viens poser sur mes oeuvres sombres Ton doigt d'où sort une lueur ! Du bord des sinistres ravines Du rêve et de la vision, J'entrevois les choses divines... - Complète l'apparition ! Viens voir le songeur qui s'enflamme A mesure qu'il se détruit, Et, de jour en jour, dans son âme A plus de mort et moins de nuit ! Viens ! viens dans ma brume hagarde, Où naît la foi, d'où l'esprit sort, Où confusément je regarde Les formes obscures du sort. Tout s'éclaire aux lueurs funèbres ; Dieu, pour le penseur attristé, Ouvre toujours dans les ténèbres De brusques gouffres de clarté. Avant d'être sur cette terre, Je sens que jadis j'ai plané ; J'étais l'archange solitaire, Et mon malheur, c'est d'être né. Sur mon âme, qui fut colombe, Viens, toi qui des cieux as le sceau. Quelquefois une plume tombe Sur le cadavre d'un oiseau. Oui, mon malheur irréparable, C'est de pendre aux deux éléments, C'est d'avoir en moi, misérable, De la fange et des firmaments ! Hélas ! hélas ! c'est d'être un homme ; C'est de songer que j'étais beau, D'ignorer comment je me nomme, D'être un ciel et d'être un tombeau ! C'est d'être un forçat qui promène Son vil labeur sous le ciel bleu ; C'est de porter la hotte humaine Où j'avais vos ailes, mon Dieu ! C'est de traîner de la matière ; C'est d'être plein, moi, fils du jour, De la terre du cimetière, Même quand je m'écrie : Amour !