Publi le jeudi 28 février 2008

Quand la Saleté devient Mirroir

28 02 2008

Quand la saleté dans la vitre de l'autobus sur ma gauche devient comme un mirroir, je me rappel alors que, justement, souvent la saleté que ce soit sous forme d'une contamination ou de pollution ou de corruption fait office de mirroir. Miroir nous réflètant nos actions et nos erreurs du passé , erreurs personnelles ou collectives. Toute cette pourriture générée par l'humanité, au nom du profit, du confort et d'un soi-disant progrès. Lorsque les eaux deviennent brune. Lorsque la neige blanche, blanche comme neige devient noire, noir charbon. Et quand l'air en devient gris, gris comme une pierre tombale. Oui alors la saleté, notre saleté fait office de mirroir. Mais un jour cette saleté risquerait de ne plus jouer son rôle de miroir pour nous. Le jour où cette saleté en sera au point que l'eau ne sera que poison et que l'air nous étranglera. Qui sait ? Peut-être servira-t-elle encore de mirroir aux fantômes que nous serons devenus !




Tu dis que tu n'écoute plus ca

28 02 2008

Tu dis que tu n'écoute plus ca, cette musique rebelle contestataire. Que t'as passé ce temps. Pourquoi ? Pourquoi ? Est-ce à cause qu'avant tu jouais à faire semblant d'être un contestataire rebelle et maintenant tu montre ce que t'étais, ce que t'es , ce que tu sera pour toujours; un simple petit citoyen prenant pour soi des idéaux , goûts prêt-à-porter servis par ce système lobotisant. Et oui, l'agneau le mouton qui voulait être le loup ! Allez va y, suis le troupeau, allez qu'est-ce que t'attend ? Le bétail s'éloigne. Dépêches toi , rattrapes les pour que ce troupeau soit complet ! Fais comme eux ! Mange et bois comme eux ! Et,..surtout, pense comme eux ! Question de t'assurer que ce système cet engrenage continu afin de pouvoir tous nous avaler. Allez va avec ce bétail vers cette abattoir psychique. Tu dis que tu n'écoute plus ca, cette musique rebelle contestataire. Que t'as passé ce temps. Pourquoi ? Pourquoi ? Par ce que t'as décidé d'abdiquer de ton vrai Moi ? De qui t'es en réalité dans ton fort intérieur, dans tes entrailles et dans ton âme ? Pourquoi ? Pour mieux plaire à ce cravaté, pour t'assurer de son sourire ? Pourquoi ? Pour être pris au sérieux ? T'es pas sérieux ? Et où est rendu l'importance des valeurs sociales, morales en lesquelles tu croyais, par lesquelles tu respirais ? Et que fais tu de cette révolte contre ce système corrompu ? N'est-ce pas une valeur sérieuse ? Ha ! Je comprend, pour toi maintenant la valeur de profit passe avant tout ! Même avant ton idéal d'un système équitable, la valeur de profit passe avant tout ! Même avant la capacité de pouvoir te regarder le matin dans le miroir sans honte, la valeur de profit passe avant tout ! Ha oui c'est sérieux que de t'assurer de bien être intégré dans ce bétail. De t'assurer de bouffer la même moulée, t'assurer de cette même fadeur. Voila pourquoi t'as cessé d'écouter le Metal, cette musique qu'on porte haute comme un pavillon noir symbole d'un refus et d'une colère qu'on oppose à ce qui est dans l' inaceptable . Maintenant je te connais celui qui était un vrai loup capable de combattre, de mordre, et à décidé de devenir qu'un banal agneau en vendant ton âme , ton intégrité à ce système nourricié des Vautours ! Dis-moi, que ressens tu le matin devant ton miroir ? Fierté ou Honte ?




Devant Mon Berceau d'Émille Nelligan

28 02 2008

En la grand'chambre ancienne aux rideaux de guipure Où la moire est flétrie et le brocart fané, Parmi le mobilier de deuil où je suis né Et dont se scelle en moi l'ombre nacrée et pure ; Avec l'obsession d'un sanglot étouffant, Combien ma souvenance eut d'amertume en elle, Lorsque, remémorant la douceur maternelle, Hier, j'étais penché sur ma couche d'enfant. Quand je n'étais qu'au seuil de ce monde mauvais, Berceau, que n'as-tu fait pour moi tes draps funèbres ? Ma vie est un blason dur des murs de ténèbres, Et mes pas sont fautifs où maintenant je vais. Ah ! que n'a-t-on tiré mon linceul de tes langes, Et mon petit cercueil de ton bois frêle et blanc, Alors que se penchait sur ma vie, en tremblant, Ma mère souriante avec l'essaim des anges !




Chapelle Ruinée d' Émille Nelligan

28 02 2008

Et je retourne encor frileux, au jet des bruines, Par le délabrement du parc d'octobre. Au bout De l'allée où se voit ce grand Jésus debout, Se massent des soupçons de chapelle en ruines. Je refoule, parmi viornes, vipérines, Rêveur, le sol d'antan où gîte le hibou ; L'Érable sous le vent se tord comme un bambou. Et je sens se briser mon coeur dans ma poitrine. Cloches des âges morts sonnant à timbres noirs Et les tristesses d'or, les mornes désespoirs, Portés par un parfum que le rêve rappelle, Ah ! comme, les genoux figés au vieux portail, Je pleure ces débris de petite chapelle... Au mur croulant, fleuri d'un reste de vitrail !