Publi le jeudi 14 février 2008

Mon coeur mis a nu » de Charles Beaudelaire

14 02 2008

Voici 4 textes provenant de l'oeuvre testamentaire : « Mon coeur mis a nu » de Charles Beaudelaire : ----------- Presque toute notre vie est employée à des curiosités niaises. En revanche, il y a des choses qui devraient exciter la curiosité des hommes au plus haut degré, et qui, à en juger par leur train de vie ordinaire, ne leur en inspirent aucune. Où sont nos amis morts ? Pourquoi sommes-nous ici ? Venons-nous de quelque part ? Qu'est-ce que la liberté ? Peut-elle s'accorder avec la loi providentielle ? Le nombre des âmes est-il fini ou infini ? Et le nombre des terres habitables ? Etc., etc. ------------------------------- La peine de mort est le résultat d'une idée mystique, totalement incomprise aujourd'hui. La peine de mort n'a pas pour but de sauver la société, matériellement du moins. Elle a pour but de sauver (spirituellement) la société et le coupable. Pour que le sacrifice soit parfait, il faut qu'il y ait assentiment et joie, de la part de la victime. Donner du chloroforme à un condamné à mort serait une impiété, car ce serait lui enlever la conscience de sa grandeur comme victime et lui supprimer les chances de gagner le Paradis. Dandies. L'envers de Claude Gueux. Théorie du sacrifice. Légitimation de la peine de mort. Le sacrifice n'est complet que par le sponte sua de la victime. Un condamné à mort, raté par le bourreau, délivré par le peuple, retournerait au bourreau. Nouvelle justification de la peine de mort. Quant à la torture, elle est née de la partie infâme du coeur de l'homme, assoiffé de voluptés. Cruauté et volupté, sensations identiques, comme l'extrême chaud et l'extrême froid. -------------------- Pourquoi le spectacle de la mer est-il si infiniment et si éternellement agréable ? Parce que la mer offre à la fois l'idée de l'immensité et du mouvement. Six ou sept lieues représentent pour l'homme le rayon de l'infini. Voilà un infini diminutif. Qu'importe, s'il suffit à suggérer l'idée de l'infini total ? Douze ou quatorze lieues de liquide en mouvement suffisent pour donner la plus haute idée de beauté qui soit offerte à l'homme sur son habitacle transitoire. ----------------- Il est impossible de parcourir une gazette quelconque, de n'importe quel jour, ou quel mois, ou quelle année, sans y trouver, à chaque ligne, les signes de la perversité humaine la plus épouvantable, en même temps que les vanteries les plus surprenantes de probité, de bonté, de charité, et les affirmations les plus effrontées, relatives au progrès et à la civilisation. Tout journal, de la première ligne à la dernière, n'est qu'un tissu d'horreurs. Guerres, crimes, vols, impudicités, tortures, crimes des princes, crimes des nations, crimes des particuliers, une ivresse d'atrocité universelle. Et c'est de ce dégoûtant apéritif que l'homme civilisé accompagne son repas de chaque matin. Tout, en ce monde, sue le crime : le journal, la muraille et le visage de l'homme. Je ne comprends pas qu'une main puisse toucher un journal sans une convulsion de dégoût.




Traduction de : The rime of the ancient mariner de Samuel Taylor Coleridge

14 02 2008

Voici la traduction de The rime of the ancient mariner de Samuel Taylor Coleridge . Iron Maiden en a même fait une pièce sur l'album Power Slave . ============= VERSION ANGLAISE : It is an ancient Mariner, And he stoppeth one of three. "By thy long beard and glittering eye, Now wherefore stopp'st thou me ? The Bridegroom's doors are opened wide, And I am next of kin ; The guests are met, the feast is set : May'st hear the merry din." He holds him with his skinny hand, "There was a ship,' quoth he. "Hold off ! unhand me, grey-beard loon !" Eftsoons his hand dropt he. He holds him with his glittering eye- The Wedding-Guest stood still, And listens like a three years' child : The Mariner hath his will. [...] Alone, alone, all, all alone, Alone on a wide wide sea ! And never a saint took pity on My soul in agony. The many men, so beautiful ! And they all dead did lie : And a thousand thousand slimy things Lived on ; and so did I. I looked upon the rotting sea, And drew my eyes away ; I looked upon the rotting deck, And there the dead men lay. [...] The moving Moon went up the sky, And no where did abide : Softly she was going up, And a star or two beside- Her beams bemocked the sultry main, Like April hoar-frost spread ; But where the ship's huge shadow lay, The charméd water burnt alway A still and awful red. Beyond the shadow of the ship, I watched the water-snakes : They moved in tracks of shining white, And when they reared, the elfish light Fell off in hoary flakes. [...] O happy living things ! no tongue Their beauty might declare : A spring of love gushed from my heart, And I blessed them unaware : Sure my kind saint took pity on me, And I blessed them unaware. The self-same moment I could pray ; And from my neck so free The Albatross fell off, and sank Like lead into the sea. [...] Farewell, farewell ! but this I tell To thee, thou Wedding-Guest ! He prayeth well, who loveth well Both man and bird and beast. He prayeth best, who loveth best All things both great and small ; For the dear God who loveth us, He made and loveth all. The Mariner, whose eye is bright, Whose beard with age is hoar, Is gone : and now the Wedding-Guest Turned from the bridegroom's door. He went like one that hath been stunned, And is of sense forlorn : A sadder and a wiser man, He rose the morrow morn. =========== VERSION FRANÇAISE : C'est un vieux marin, Et il arrêta l'un des trois "Par ta longue barbe et ton oeil scintillant Pourquoi donc alors m'arrêtes-tu? Les portes du marié sont grandes ouvertes Et je suis un proche parent J'ai rencontré les invités, le festin est servi Tu peux entendre le tumulte des réjouissances." Il le retint de sa main maigre, "Il y avait un bateau" dit-il. Ecarte-toi! lâche-moi, vieux sénile à la barbe grisonnante! Aussitôt il lachâ prise. Il le retint de son oeil scintillant, L'invité resta immobile, Et écouta comme un enfant de trois ans, Le marin avait atteint son but. [...] Seul seul, vraiment, vraiment seul, Seul sur une si grande mer, Et jamais un saint ne prit en pitié Mon âme à l'agonie. Les nombreux hommes, si magnifiques! Et tous gisaient là, morts: Et des centaines et des centaines de choses visqueuses Vivaient; je fis de même. Je regardai sur la mer pourrissante, Et détournai les yeux; Je regardai sur le pont pourrissant, Et là, les morts gisaient. [...] La Lune en mouvement gravissait le ciel, Et ne s'arrêtait pas, Doucement, elle s'élevait, Une étoile ou deux l'accompagnait. Ses rayons se moquaient de l'océan si lourd, Comme les gelées blanches d'avril, Mais là où l'immense ombre du bateau reposait, L'eau envoûtée brûlait toujours D'un rouge horrible et sans fin. A travers l'ombre du bateau, Je regardais les serpents de mer: Ils suivaient des chemins d'un blanc éclatant Et quand ils se dressaient, la lumière mystérieuse Retombait dans de clairs éclats. [...] Oh, créatures joyeuses et vivantes; aucune langue Ne pourrait décrire leur beauté: Un élan de compassion jaillit de mon coeur Et je les bénis sans le savoir: Certainement, mon bon saint eut pitié de moi, Et je les bénis sans le savoir. Au moment même où je pus prier, Et de mon cou libéré, L'albatros tomba et coula Comme entraîné dans la mer. [...] Adieu, adieu! mais je te dis ceci A toi, toi l'invité! Celui qui prie, c'est celui qui aime, L'homme, l'oiseau et la bête. Il prie plus encore, celui qui aime plus encore, Toute choses, petites ou grandes; Car le Dieu bon qui nous aime, Les fit et les aime tous. Et le marin, dont l'oeil brille, Dont la barbe grise de par l'âge, Est parti: et désormais l'invité Se détourna des portes du marié. Il s'en alla, comme un homme marqué, Et privé de tout sens: En homme plus triste et plus sage, Il se joignit à l'aube du lendemain.




Un petit avantage à porter le noir.

14 02 2008

Un petit avantage à porter le noir. Au premier coup d'oeil, tous vous regarderons avec un regard plus au moins méfiant. Par contre par la suite si vous êtes observateur, c'est là que ca devient intéressant. Vous remarquerez que par la couleur de votre habillement, vous serez capable de distinguer ceux qui ont tendance à s'arrêter à la première apparence de ceux qui auront l'intelligence de tenté de vous connaître avant de vous apposer leurs jugement et préjugés. En d'autres mots, ca vous permettra de filtrer une bonne quantité d'idiots. Ca peut vraiment être un avantage intéressant !