Publi le dimanche 4 novembre 2007

Souvent

04 11 2007

Souvent ce qui devrait être vue comme des idéaux, des buts à atteindre me semble être classé dans le 13 ème tiroir de cette société . Souvent ce que ce système semble nous présenter comme des idéaux , des objectifs à atteindre sont souvent que des leures, des illusions question de dévier l'énergie créative ainsi que l'attention de la populace, et celà dans l'intérêt d'une petite élite . J'ai souvent remarqué dans cette société qu'on aura tendance à classifier comme foux ou psychopathes, ou tout bêtement à ridiculiser ceux ayant la particularité d'être plus conscient de cette réalité non dites et qui n'embarquent pas dans toutes ces petites propagantes , afin de mieux les discréditer. Souvent afin de tenter de les faire taire, on fera tout pour leurs ôter le plus de visibilité possible.




L Arrogance a un visage.

04 11 2007

Lorsque je vois ce collègue de travail avec son aire de regardez- moi ! Comme si l'univers graviterait autour de lui . Lorsqu'il lui tente de quitter le boulot plus tôt que prévu, ce besoin qui se fait ressentir dans son fort intérieur de s'assurrer que tous les collègues aient vraiment pris conscience du fait qu'il quittera plus tôt, en usant d'un ton sollennel. Comme si ce départ hâtif serait un fait marquant dans le fonctionnement de l'entreprise. Cette manie à s'incérer dans les conversations d'autrui sans invitation, pour y imposer son optique. Lorsqu'un collègue parle ou explique quoi se soit. Comme si seul son opinion ne pouvait être considéré comme crédible et indispensable, alors qu'il n'est qu'au même niveau que les autres et non pas Dieu le Père . J'attend avec impatience le jour où avec la délicatesse d'une tonne de briques tu prendra conscience que l'univers ne tourne pas autour de TOI et uniquement que pour TOI




Si Murry !

04 11 2007

Si Murry aurait réussi son coup de tous nous assimiller, on aurait plus de problème ! Voila une phrase que je me fit envoyé au téléphone par un type lors qu'une conversation téléphonique où on parlais de marché du travail, politique et d'identité national . Puis-je trouver meilleurs exemple de ce qu'est la pensée d'une colonisé ! Lorsqu'on en vient à ne s'évaluer comme ne valant pas plus que de faire le tapis devant le colonisateur ! Quel honte !




Humour !

04 11 2007

Avez-vous remarqué que c'est ceux qu'on aimerais qu'ils restent qui partiront les premiers. Et que ceux donc on aimerait tant se débarrasser sont ceux qui vous restent à vous très longtemps. Ca doit être pour ca qu'on dit qu'il faut aimer nos ennemis, vue que c'est ceux qu'on aiment le plus qui partent le plus vite !




L idiot et les pigeons

04 11 2007

Lorsque je vois cet idiot tentant d'effrayer ces pauvres pigeons avec ses pieds de peur de se faire voler quelques miettes, alors je me dit : « Quelle marque de courage ! »




Une Saison en Enfer de Arthur Rimbaud

04 11 2007

" Jadis, si je me souviens bien, ma vie était un festin où s'ouvraient tous les coeurs, où tous les vins coulaient. Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. — Et je l'ai trouvée amère. — Et je l'ai injuriée. Je me suis armé contre la justice. Je me suis enfui. Ô sorcières, ô misère, ô haine, c'est à vous que mon trésor a été confié ! Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. Sur toute joie pour l'étrangler j'ai fait le bond sourd de la bête féroce. J'ai appelé les bourreaux pour, en périssant, mordre la crosse de leurs fusils. J'ai appelé les fléaux, pour m'étouffer avec le sable, le sang. Le malheur a été mon dieu. je me suis allongé dans la boue. je me suis séché à l'air du crime. Et j'ai joué de bons tours à la folie. Et le printemps m'a apporté l'affreux rire de l'idiot. Or, tout dernièrement m'étant trouvé sur le point de faire le dernier couac ! j'ai songé à rechercher la clef du festin ancien, où je reprendrais peut-être appétit. La charité est cette clef. — Cette inspiration prouve que j'ai rêvé ! " Tu resteras hyène, etc. ", se récrie le démon qui me couronna de si aimables pavots. " Gagne la mort avec tous tes appétits, et ton égoïsme et tous les péchés capitaux. " Ah ! j'en ai trop pris : — Mais, cher Satan, je vous en conjure, une prunelle moins irritée ! et en attendant les quelques petites lâchetés en retard, vous qui aimez dans l'écrivain l'absence des facultés descriptives ou instructives, je vous détache ces quelques hideux feuillets de mon carnet de damné.




Nuit de l enfer de Arthur Rimbaud

04 11 2007

J'ai avalé une fameuse gorgée de poison. - Trois fois béni soit le conseil qui m'est arrivé ! - Les entrailles me brûlent. La violence du venin tord mes membres, me rend difforme, me terrasse. Je meurs de soif, j'étouffe, je ne puis crier. C'est l'enfer, l'éternelle peine ! Voyez comme le feu se relève ! Je brûle comme il faut. Va, démon ! J'avais entrevu la conversion au bien et au bonheur, le salut. Puis-je décrire la vision, l'air de l'enfer ne soufre pas les hymnes ! C'était des millions de créatures charmantes, un suave concert spirituel, la force et la paix, les nobles ambitions, que sais-je ? Les nobles ambitions ! Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle ! Un homme qui veut se mutiler est bien damné, n'est-ce pas ? Je me crois en enfer, donc j'y suis. C'est l'exécution du catéchisme. Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre. Pauvre innocent ! - L'enfer ne peut attaquer les païens. - C'est la vie encore ! Plus tard, les délices de la damnation seront plus profondes. Un crime, vite, que je tombe au néant, de par la loi humaine. Tais-toi, mais tais-toi !... C'est la honte, le reproche, ici : Satan qui dit que le feu est ignoble, que ma colère est affreusement sotte. - Assez !... Des erreurs qu'on me souffle, magies, parfums, faux, musiques puériles. - Et dire que je tiens la vérité, que je vois la justice : j'ai un jugement sain et arrêté, je suis prêt pour la perfection... Orgueil. - La peau de ma tête se dessèche. Pitié ! Seigneur, j'ai peur. J'ai soif, si soif ! Ah ! l'enfance, l'herbe, la pluie, le lac sur les pierres, le clair de lune quand le clocher sonnait douze... le diable est au clocher, à cette heure. Marie ! Sainte-Vierge !... - Horreur de ma bêtise. Là-bas, ne sont-ce pas des âmes honnêtes, qui me veulent du bien... Venez... J'ai un oreiller sur la bouche, elles ne m'entendent pas, ce sont des fantômes. Puis, jamais personne ne pense à autrui. Qu'on n'approche pas. Je sens le roussi, c'est certain. Les hallucinations sont innombrables. C'est bien ce que j'ai toujours eu : plus de foi en l'histoire, l'oubli des principes. Je m'en tairai : poètes et visionnaires seraient jaloux. Je suis mille fois le plus riche, soyons avare comme la mer. Ah ça! l'horloge de la vie s'est arrêtée tout à l'heure. Je ne suis plus au monde. - La théologie est sérieuse, l'enfer est certainement en bas - et le ciel en haut. - Extase, cauchemar, sommeil dans un nid de flammes. Que de malices dans l'attention dans la campagne... Satan, Ferdinand, court avec les graines sauvages... Jésus marche sur les ronces purpurines, sans les courber... Jésus marchait sur les eaux irritées. La lanterne nous le montra debout, blanc et des tresses brunes, au flanc d'une vague d'émeraude... Je vais éveiller tous les mystères : mystères religieux ou naturels, mort, naissance, avenir, passé, cosmogonie, néant. Je suis maître en fantasmagories. Ecoutez !... J'ai tous les talents ! - Il n'y a personne ici et il y a quelqu'un : je ne voudrais pas répandre mon trésor. - Veut-on des chants nègres, des danses de houris ? Veut-on que je disparaisse, que je plonge à la recherche de l'anneau ? Veut-on ? Je ferai de l'or, des remèdes. Fiez-vous donc à moi, la foi soulage, guide, guérit. Tous, venez, - même les petits enfants, - que je vous console, qu'on répande pour vous son coeur, - le coeur merveilleux ! - Pauvres hommes, travailleurs ! Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux. - Et pensons à moi. Ceci me fait peu regretter le monde. J'ai de la chance de ne pas souffrir plus. Ma vie ne fut que folies douces, c'est regrettable. Bah ! faisons toutes les grimaces imaginables. Décidément, nous sommes hors du monde. Plus aucun son. Mon tact a disparu. Ah ! mon château, ma Saxe, mon bois de saules. Les soirs, les matins, les nuits, les jours... Suis-je las ! Je devrais avoir mon enfer pour la colère, mon enfer pour l'orgueil, - et l'enfer de la caresse ; un concert d'enfers. Je meurs de lassitude. C'est le tombeau, je m'en vais aux vers, horreur de l'horreur ! Satan, farceur, tu veux me dissoudre, avec tes charmes. Je réclame. Je réclame ! un coup de fourche, une goutte de feu. Ah ! remonter à la vie ! Jeter les yeux sur nos difformités. Et ce poison, ce baiser mille fois maudit ! Ma faiblesse, la cruauté du monde ! Mon dieu, pitié, cachez-moi, je me tiens trop mal ! - Je suis caché et je ne le suis pas. C'est le feu qui se relève avec son damné.




Mauvais sang de Arthur Rimbaud

04 11 2007

J'ai de mes ancêtres gaulois l'oeil bleu blanc, la cervelle étroite, et la maladresse dans la lutte. Je trouve mon habillement aussi barbare que le leur. Mais je ne beurre pas ma chevelure. Les Gaulois étaient les écorcheurs de bêtes, les brûleurs d'herbes les plus ineptes de leur temps. D'eux, j'ai : l'idolâtrie et l'amour du sacrilège ; - oh ! tous les vices, colère, luxure, - magnifique, la luxure ; - surtout mensonge et paresse. J'ai horreur de tous les métiers. Maîtres et ouvriers, tous paysans, ignobles. La main à plume vaut la main à charrue. - Quel siècle à mains ! - Je n'aurai jamais ma main. Après, la domesticité mène trop loin. L'honnêteté de la mendicité me navre. Les criminels me dégoûtent comme des châtrés : moi, je suis intact, et ça m'est égal. Mais ! qui a fait ma langue perfide tellement, qu'elle ait guidé et sauvegardé jusqu'ici ma paresse ? Sans me servir pour vivre même de mon corps, et plus oisif que le crapaud, j'ai vécu partout. Pas une famille d'Europe que je ne connaisse. - J'entends des familles comme la mienne, qui tiennent tout de la déclaration des Droits de l'Homme. - J'ai connu chaque fils de famille ! Si j'avais des antécédents à un point quelconque de l'histoire de France ! Mais non, rien. Il m'est bien évident que j'ai toujours été race inférieure. Je ne puis comprendre la révolte. Ma race ne se souleva jamais que pour piller : tels les loups à la bête qu'ils n'ont pas tuée. Je me rappelle l'histoire de la France fille aînée de l'église. J'aurais fait, manant, le voyage de terre sainte ; j'ai dans la tête des routes dans les plaines souabes, des vues de Byzance, des remparts de Solyme ; le culte de Marie, l'attendrissement sur le crucifié s'éveillent en moi parmi mille féeries profanes. - Je suis assis, lépreux, sur les pots cassés et les orties, au pied d'un mur rongé par le soleil. - Plus tard, reître, j'aurais bivaqué sous les nuits d'Allemagne. Ah ! encore : je danse le sabbat dans une rouge clairière, avec des vieilles et des enfants. Je ne me souviens pas plus loin que cette terre-ci et le christianisme. Je n'en finirais pas de me revoir dans ce passé. Mais toujours seul ; sans famille ; même, quelle langue parlais-je. Je ne me vois jamais dans les conseils du Christ ; ni dans les conseils des Seigneurs, - représentants du Christ. Qu'étais-je au siècle dernier : je ne me retrouve qu'aujourd'hui. Plus de vagabonds, plus de guerres vagues. La race inférieure a tout couvert - le peuple, comme on dit, la raison ; la nation et la science. Oh ! la science ! On a tout repris. Pour le corps et pour l'âme, - le viatique, - on a la médecine et la philosophie, - les remèdes de bonnes femmes et les chansons populaires arrangés. Et les divertissements des princes et les jeux qu'ils interdisaient ! Géographie, cosmographie, mécanique, chimie !... La science, la nouvelle noblesse ! Le progrès. Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ? C'est la vision des nombres. Nous allons à l'Esprit. C'est très-certain, c'est oracle, ce que je dis. Je comprends, et ne sachant m'expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire. Le sang païen revient ! L'Esprit est proche, pourquoi Christ ne m'aide-t-il pas, en donnant à mon âme noblesse et liberté. Hélas ! l'évangile a passé ! l'évangile ! L'évangile. J'attends Dieu avec gourmandise. Je suis de race inférieure de toute éternité. Me voici sur la plage armoricaine. Que les villes s'allument dans le soir. Ma journée est faite ; je quitte l'Europe. L'air marin brûlera mes poumons ; les climats perdus me tanneront. Nager, broyer l'herbe, chasser, fumer surtout ; boire des liqueurs fortes comme du métal bouillant, - comme faisaient ces chers ancêtres autour des feux. Je reviendrai, avec des membres de fer, la peau sombre, l'oeil furieux : sur mon masque, on me jugera d'une race forte. J'aurai de l'or : je serai oisif et brutal. Les femmes soignent ces féroces infirmes retour des pays chauds. Je serai mêlé aux affaires politiques. Sauvé. Maintenant, je suis maudit, j'ai horreur de la patrie. Le meilleur, c'est un sommeil bien ivre, sur la grève. On ne part pas. - Reprenons les chemins d'ici, chargé de mon vice, le vice qui a poussé ses racines de souffrance à mon côté, dès l'âge de raison - qui monte au ciel, me bat, me renverse, me traîne. La dernière innocence et la dernière timidité. C'est dit. Ne pas porter au monde mes dégoûts et mes trahisons. Allons ! La marche, le fardeau, le désert, l'ennui et la colère. A qui me louer ? Quelle bête faut-il adorer ? Quelle sainte image attaque-t-on ? Quels coeurs briserai-je ? Quel mensonge dois-je tenir ? - Dans quel sang marcher ? Plutôt, se garder de la justice. - La vie dure, l'abrutissement simple, - soulever, le poing desséché, le couvercle du cercueil, s'asseoir, s'étouffer. Ainsi point de vieillesse, ni de dangers : la terreur n'est pas française. - Ah ! je suis tellement délaissé que j'offre à n'importe quelle divine image des élans vers la perfection. O mon abnégation, ô ma charité merveilleuse ! ici-bas, pourtant ! De profundis Domine, suis-je bête ! Encore tout enfant, j'admirais le forçat intraitable sur qui se referme toujours le bagne ; je visitais les auberges et les garnis qu'il aurait sacrés par son séjour ; je voyais avec son idée le ciel bleu et le travail fleuri de la campagne ; je flairais sa fatalité dans les villes. Il avait plus de force qu'un saint, plus de bon sens qu'un voyageur - et lui, lui seul ! pour témoin de sa gloire et de sa raison. Sur les routes, par les nuits d'hiver, sans gîte, sans habits, sans pain, une voix étreignait mon coeur gelé : << Faiblesse ou force : te voilà, c'est la force. Tu ne sais ni où tu vas ni pourquoi tu vas, entre partout, réponds à tout. On ne te tuera pas plus que si tu étais cadavre. >> Au matin j'avais le regard si perdu et la contenance si morte, que ceux que j'ai rencontrés ne m'ont peut-être pas vu. Dans les villes la boue m'apparaissait soudainement rouge et noire, comme une glace quand la lampe circule dans la chambre voisine, comme un trésor dans la forêt ! Bonne chance, criais-je, et je voyais une mer de flammes et de fumée au ciel ; et, à gauche, à droite, toutes les richesses flambant comme un milliard de tonnerres. Mais l'orgie et la camaraderie des femmes m'étaient interdites. Pas même un compagnon. Je me voyais devant une foule exaspérée, en face du peloton d'exécution, pleurant du malheur qu'ils n'aient pu comprendre, et pardonnant ! - Comme Jeanne d'Arc ! - << Prêtres, professeurs, maîtres, vous vous trompez en me livrant à la justice. Je n'ai jamais été de ce peuple-ci ; je n'ai jamais été chrétien ; je suis de la race qui chantait dans le supplice ; je ne comprends pas les lois ; je n'ai pas le sens moral, je suis une brute : vous vous trompez... >> Oui, j'ai les yeux fermés à votre lumière. Je suis une bête, un nègre. Mais je puis être sauvé. Vous êtes de faux nègres, vous maniaques, féroces, avares. Marchand, tu es nègre ; magistrat, tu es nègre ; général, tu es nègre ; empereur, vieille démangeaison, tu es nègre : tu as bu d'une liqueur non taxée, de la fabrique de Satan. - Ce peuple est inspiré par la fièvre et le cancer. Infirmes et vieillards sont tellement respectables qu'ils demandent à être bouillis. - Le plus malin est de quitter ce continent, où la folie rôde pour pourvoir d'otages ces misérables. J'entre au vrai royaume des enfants de Cham. Connais-je encore la nature ? me connais-je ? - Plus de mots. J'ensevelis les morts dans mon ventre. Cris, tambour, danse, danse, danse, danse ! Je ne vois même pas l'heure où, les blancs débarquant, je tomberai au néant. Faim, soif, cris, danse, danse, danse, danse ! Les blancs débarquent. Le canon ! Il faut se soumettre au baptême, s'habiller, travailler. J'ai reçu au coeur le coup de la grâce. Ah ! je ne l'avais pas prévu ! Je n'ai point fait le mal. Les jours vont m'être légers, le repentir va m'être épargné. Je n'aurai pas eu les tourments de l'âme presque morte au bien, où remonte la lumière sévère comme les cierges funéraires. Le sort du fils de famille, cercueil prématuré couvert de limpides larmes. Sans doute la débauche est bête, le vice est bête ; il faut jeter la pourriture à l'écart. Mais l'horloge ne sera pas arrivée à ne plus sonner que l'heure de la pure douleur ! Vais-je être enlevé comme un enfant, pour jouer au paradis dans l'oubli de tout le malheur ! Vite ! est-il d'autres vies ? - Le sommeil dans la richesse est impossible. La richesse a toujours été bien public. L'amour divin seul octroie les clefs de la science. Je vois que la nature n'est qu'un spectacle de bonté. Adieu chimères, idéals, erreurs. Le chant raisonnable des anges s'élève du navire sauveur : c'est l'amour divin. - Deux amours ! je puis mourir de l'amour terrestre, mourir de dévouement. J'ai laissé des âmes dont la peine s'accroîtra de mon départ ! Vous me choisissez parmi les naufragés; ceux qui restent sont-ils pas mes amis ? Sauvez-les ! La raison m'est née. Le monde est bon. Je bénirai la vie. J'aimerai mes frères. Ce ne sont plus des promesses d'enfance. Ni l'espoir d'échapper à la vieillesse et à la mort. Dieu fait ma force, et je loue Dieu. L'ennui n'est plus l'amour. Les rages, les débauches, la folie, dont je sais tous les élans et les désastres, - tout mon fardeau est déposé. Apprécions sans vertige l'étendue de mon innocence. Je ne serais plus capable de demander le réconfort d'une bastonnade. Je ne me crois pas embarqué pour une noce avec Jésus-Christ pour beau-père. Je ne suis pas prisonnier de ma raison. J'ai dit : Dieu. Je veux la liberté dans le salut : comment la poursuivre ? Les goûts frivoles m'ont quitté. Plus besoin de dévouement ni d'amour divin. Je ne regrette pas le siècle des moeurs sensibles. Chacun a sa raison, mépris et charité : je retiens ma place au sommet de cette angélique échelle de bon sens. Quant au bonheur établi, domestique ou non... non, je ne peux pas. Je suis trop dissipé, trop faible. La vie fleurit par le travail, vieille vérité : moi, ma vie n'est pas assez pesante, elle s'envole et flotte loin au-dessus de l'action, ce cher point du monde. Comme je deviens vieille fille, à manquer du courage d'aimer la mort ! Si Dieu m'accordait le calme céleste, aérien, la prière, - comme les anciens saints. - Les saints ! des forts ! les anachorètes, des artistes comme il n'en faut plus ! Farce continuelle ! Mon innocence me ferait pleurer. La vie est la farce à mener par tous. Assez ! Voici la punition. - En marche ! Ah ! les poumons brûlent, les tempes grondent ! la nuit roule dans mes yeux, par ce soleil ! le coeur... les membres... Où va-t-on ? au combat ? Je suis faible ! les autres avancent. Les outils, les armes... le temps !... Feu ! feu sur moi ! Là ! ou je me rends. - Lâches ! - Je me tue ! Je me jette aux pieds des chevaux ! Ah !... - Je m'y habituerai. Ce serait la vie française, le sentier de l'honneur !




L Époux Infernal de Arthur Rimbaud

04 11 2007

 Écoutons la confession d'un compagnon d'enfer:      "Ô divin Époux, mon Seigneur, ne refusez pas la confession de la plus triste de vos servantes. Je suis perdue. Je suis soûle. Je suis impure. Quelle vie!      "Pardon, divin Seigneur, pardon! Ah! pardon! Que de larmes! Et que de larmes encore plus tard, j'espère!      "Plus tard, je connaîtrai le divin Époux! Je suis née soumise à Lui. - L'autre peut me battre maintenant!      "A présent, je suis au fond du monde! Ô mes amies!... non, pas mes amies... Jamais délires ni tortures semblables... Est-ce bête!      "Ah! je souffre, je crie. Je souffre vraiment. Tout pourtant m'est permis, chargée du mépris des plus méprisables coeurs.      "Enfin, faisons cette confidence, quitte à la répéter vingt autres fois, - aussi morne, aussi insignifiante!      "Je suis esclave de l'Époux infernal, celui qui a perdu les vierges folles. C'est bien ce démon-là. Ce n'est pas un spectre, ce n'est pas un fantôme. Mais moi qui ai perdu la sagesse, qui suis damnée et morte au monde, - on ne me tuera pas! - Comment vous le décrire! Je ne sais même plus parler. Je suis en deuil, je pleure, j'ai peur. Un peu de fraîcheur, Seigneur, si vous voulez, si vous voulez bien!      "Je suis veuve... - J'étais veuve... - mais oui, j'ai été bien sérieuse jadis, et je ne suis pas née pour devenir squelette!... - Lui était presque un enfant... Ses délicatesses mystérieuses m'avaient séduite. J'ai oublié tout mon devoir humain pour le suivre. Quelle vie! La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde. Je sais où il va, il le faut. Et souvent il s'emporte contre moi, moi, la pauvre âme. Le Démon! - c'est un Démon, vous savez, ce n'est pas un homme.      "Il dit: "Je n'aime pas les femmes. L'amour est à réinventer, on le sait. Elles ne peuvent plus que vouloir une position assurée. La position gagnée, coeur et beauté sont mis de côté: il ne reste que froid dédain, l'aliment du mariage, aujourd'hui. Ou bien je vois des femmes, avec les signes du bonheur, dont, moi, j'aurai pu faire de bonnes camarades, dévorées tout d'abord par des brutes sensibles comme des bûchers... "      "Je l'écoute faisant de l'infamie une gloire, de la cruauté un charme. "Je suis de race lointaine:mes pères étaient Scandinaves: il se perçaient les côtes, buvaient leur sang. - Je me ferai des entailles partout le corps, je me tatouerai, je veux devenir hideux comme un Mongol: tu verras, je hurlerai dans les rues. Je veux devenir bien fou de rage. Ne me montre jamais de bijoux, je ramperais et me tordrais sur le tapis. Ma richesse, je la voudrais tachée de sang partout. Jamais je ne travaillerai... " Plusieurs nuits, son démon me saisissant, nous nous roulions, je luttais avec lui! - Les nuits, souvent, ivre, il se poste dans des rues ou dans des maisons, pour m'épouvanter mortellement. - "On me coupera vraiment le cou; ce sera dégoûtant." Oh! ces jours où il veut marcher avec l'air du crime!      "Parfois il parle, en une façon de patois attendri, de la mort qui fait repentir, des malheureux qui existent certainement, des travaux pénibles, des départs qui déchirent les coeurs. Dans les bouges où nous nous enivrions, il pleurait en considérant ceux qui nous entouraient, bétail de la misère. Il relevait les ivrognes dans les rues noires. Il avait la pitié d'une mère méchante pour les petits enfants. - Il s'en allait avec des gentillesses de petite fille au catéchisme. - Il feignait d'être éclairé sur tout, commerce, art, médecine. - Je le suivais, il le faut!      "Je voyais tout le décor dont, en esprit, il s'entourait; vêtements, draps, meubles: je lui prêtais des armes, une autre figure. Je voyais tout ce qui le touchait, comme il aurait voulu le créer pour lui. Quand il me semblait avoir l'esprit inerte, je le suivais, moi, dans des actions étranges et compliquées, loin, bonnes ou mauvaises: j'étais sûre de ne jamais entrer dans son monde. À côté de son cher corps endormi, que d'heures des nuits j'ai veillé, cherchant pourquoi il voulait tant s'évader de la réalité. Jamais homme n'eût pareil voeu. Je reconnaissais, - sans craindre pour lui, - qu'il pouvait être un sérieux danger dans société. - Il a peut-être des secrets pour changer la vie? Non, il ne fait qu'en chercher, me répliquais-je. Enfin sa charité est ensorcelée, et j'en suis la prisonnière. Aucune autre âme n'aurait assez de force, - force de désespoir! - pour la supporter, - pour être protégée et aimée par lui. D'ailleurs, je ne me le figurais pas avec une autre âme: on voit son Ange, jamais l'Ange d'un autre, - je crois. J'étais dans son âme comme dans un palais qu'on a vidé pour ne pas voir une personne si peu noble que vous: voilà tout. Hélas! je dépendais bien de lui. Mais que voulait-il avec mon existence terne et lâche? Il ne me rendait pasmeilleure, s'il ne me faisait pas mourir! Tristement dépitée, je lui dis quelquefois: "Je te comprends." Il haussait les épaules.      "Ainsi, mon chagrin se renouvelant sans cesse, et me trouvant plus égarée à ses yeux, - comme à tous les yeux qui auraient voulu me fixer, si je n'eusse été condamnée pour jamais à l'oubli de tous! - j'avais de plus en plus faim de sa bonté. Avec ses baisers et ses étreintes amies, c'était bien un ciel, un sombre ciel, où j'entrais, et où j'aurais voulu être laissée, pauvre, sourde, muette, aveugle. Déjà j'en prenais l'habitude. Je nous voyais comme deux bons enfants, libres de se promener dans le Paradis de tristesse. Nous nous accordions. Bien émus, nous travaillions ensemble. Mais, après une pénétrante caresse, il disait: "Comme ça te paraîtra drôle, quand je n'y serai plus, ce par quoi tu as passé. Quand tu n'auras plus mes bras sous ton cou, ni mon coeur pour t'y reposer, ni cette bouche sur tes yeux. Parce qu'il faudra que je m'en aille, très-loin, un jour. Puis il faut que j'en aide d'autres: c'est mon devoir. Quoique ce ne soit guère ragoûtant... , chère âme... " Tout de suite je me pressentais, lui parti, en proie au vertige, précipitée dans l'ombre la plus affreuse: la mort. Je lui faisais promettre qu'il ne me lâcherait pas. Il l'a faite vingt fois, cette promesse d'amant. C'était aussi frivole que moi lui disant: "Je te comprends."      "Ah! je n'ai jamais été jalouse de lui. Il ne me quittera pas, je crois. Que devenir? Il n'a pas une connaissance; il ne travaillera jamais. Il veut vivre somnambule. Seules, sa bonté et sa charité lui donneraient-elles droit dans le monde réel? Par instants, j'oublie la pitié où je suis tombée: lui me rendra forte, nous voyagerons, nous chasserons dans les déserts, nous dormirons sur les pavés des villes inconnues, sans soins, sans peines. Ou je me réveillerai, et les lois et les moeurs auront changé, - grâce à son pouvoir magique, - le monde, en restant le même, me laissera à mes désirs, joies, nonchalances. Oh! la vie d'aventures qui existe dans les livres des enfants, pour me récompenser, j'ai tant souffert, me la donneras-tu? Il ne peut pas. J'ignore son idéal. Il m'a dit avoir des regrets, des espoirs: cela ne doit pas me regarder. Parle-t-il à Dieu? Peut-être devrais-je m'adresser à Dieu. Je suis au plus profond de l'abîme, et je ne sais plus prier.      "S'il m'expliquait ses tristesses, les comprendrai-je plus que ses railleries? Il m'attaque, il passe des heures à me faire honte de tout ce qui m'a pu toucher au monde, et s'indigne si je pleure.      "- Tu vois cet élégant jeune homme, entrant dans la belle et calme maison: il s'appelle Duval, Dufour, Armand, Maurice, que sais-je? Une femme s'est dévouée à aimer ce méchant idiot: elle est morte, c'est certes une sainte au ciel, à présent. Tu me feras mourir comme il a fait mourir cette femme. C'est notre sort à nous, coeurs charitables... " Hélas! Il avait des jours où tous les hommes agissant lui paraissaient les jouets de délires grotesques: il riait affreusement, longtemps. - Puis, il reprenait ses manières de jeune mère, de soeur aimée. S'il était moins sauvage, nous serions sauvés! Mais sa douceur aussi est mortelle. Je lui suis soumise. - Ah! je suis folle!      "Un jour peut-être il disparaîtra merveilleusement; mais il faut que je sache, s'il doit remonter à un ciel, que je voie un peu l'assomption de mon petit ami!"      Drôle de ménage!




Adieu de Arthur Rimbaud

04 11 2007

L'automne, déjà ! - Mais pourquoi regretter un éternel soleil, si nous sommes engagés à la découverte de la clarté divine, - loin des gens qui meurent sur les saisons. L'automne. Notre barque élevée dans les brumes immobiles tourne vers le port de la misère, la cité énorme au ciel taché de feu et de boue. Ah ! les haillons pourris, le pain trempé de pluie, l'ivresse, les mille amours qui m'ont crucifié ! Elle ne finira donc point cette goule reine de millions d'âmes et de corps morts et qui seront jugés ! Je me revois la peau rongée par la boue et la peste, des vers plein les cheveux et les aisselles et encore de plus gros vers dans le coeur, étendu parmi des inconnus sans âge, sans sentiment... J'aurais pu y mourir... L'affreuse évocation ! J'exècre la misère. Et je redoute l'hiver parce que c'est la saison du comfort ! - Quelquefois je vois au ciel des plages sans fin couvertes de blanches nations en joie. Un grand vaisseau d'or, au-dessus de moi, agite ses pavillons multicolores sous les brises du matin. J'ai créé toutes les fêtes, tous les triomphes, tous les drames. J'ai essayé d'inventer de nouvelles fleurs, de nouveaux astres, de nouvelles chairs, de nouvelles langues. J'ai cru acquérir des pouvoirs surnaturels. Eh bien ! je dois enterrer mon imagination et mes souvenirs ! Une belle gloire d'artiste et de conteur emportée ! Moi ! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! Paysan ! Suis-je trompé ? la charité serait-elle soeur de la mort, pour moi ? Enfin, je demanderai pardon pour m'être nourri de mensonge. Et allons. Mais pas une main amie ! et où puiser le secours ? Oui l'heure nouvelle est au moins très-sévère. Car je puis dire que la victoire m'est acquise : les grincements de dents, les sifflements de feu, les soupirs empestés se modèrent. Tous les souvenirs immondes s'effacent. Mes derniers regrets détalent, - des jalousies pour les mendiants, les brigands, les amis de la mort, les arriérés de toutes sortes. - Damnés, si je me vengeais ! Il faut être absolument moderne. Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit ! le sang séché fume sur ma face, et je n'ai rien derrière moi, que cet horrible arbrisseau... Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes ; mais la vision de la justice est le plaisir de Dieu seul. Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle. Et à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. Que parlais-je de main amie ! Un bel avantage, c'est que je puis rire des vieilles amours mensongères, et frapper de honte ces couples menteurs, - j'ai vu l'enfer des femmes là-bas ; - et il me sera loisible de posséder la vérité dans une âme et un corps.




L Éclair de Arthur Rimbaud

04 11 2007

Le travail humain ! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps. << Rien n'est vanité ; à la science, et en avant ! >> crie l'Ecclésiaste moderne, c'est-à-dire Tout le monde. Et pourtant les cadavres des méchants et des fainéants tombent sur le coeur des autres... Ah ! vite, vite un peu ; là-bas, par delà la nuit, ces récompenses futures, éternelles... les échappons-nous ?... - Qu'y puis-je ? Je connais le travail ; et la science est trop lente. Que la prière galope et que la lumière gronde... je le vois bien. C'est trop simple, et il fait trop chaud ; on se passera de moi. J'ai mon devoir, j'en serai fier à la façon de plusieurs, en le mettant de côté. Ma vie est usée. Allons ! feignons, fainéantons, ô pitié ! Et nous existerons en nous amusant, en rêvant amours monstres et univers fantastiques, en nous plaignant et en nous querellant les apparences du monde, saltimbanque, mendiant, artiste, bandit, - prêtre ! Sur mon lit d'hôpital, l'odeur de l'encens m'est revenue si puissante; gardien des aromates sacrés, confesseur, martyr... Je reconnais là ma sale éducation d'enfance. Puis quoi !... Aller mes vingt ans, si les autres vont vingt ans... Non ! non ! à présent je me révolte contre la mort ! Le travail paraît trop léger à mon orgueil : ma trahison au monde serait un supplice trop court. Au dernier moment, j'attaquerais à droite, à gauche... Alors, - oh ! - chère pauvre âme, l'éternité serait-elle pas perdue pour nous !




Alchimie du Verbe de Arthur Rimbaud

04 11 2007

A moi. L'histoire d'une de mes folies.      Depuis longtemps je me vantais de posséder tous les paysages possibles, et trouvais dérisoires les célébrités de la peinture et de la poésie moderne.      J'aimais les peintures idiotes, dessus des portes, décors, toiles de saltimbanques, enseignes, enluminures populaires; la littérature démodée, latin d'église, livres érotiques sans orthographe, romans de nos aïeules, contes de fées, petits livres de l'enfance, opéras vieux, refrains niais, rhythmes naïfs.      Je rêvais croisades, voyages de découvertes dont on n'a pas de relations, républiques sans histoires, guerres de religion étouffées, révolutions de meurs, déplacements de races et de continents: je croyais à tous les enchantements.      J'inventai la couleur des voyelles! - A noir, E blanc, I rouge, O bleu, U vert. - Je réglai la forme et le mouvement de chaque consonne, et, avec des rhythmes instinctifs, je me flattai d'inventer un verbe poétique accessible, un jour ou l'autre, à tous les sens. Je réservais la traduction.      Ce fut d'abord une étude. J'écrivais des silences, des nuits, je notais l'inexprimable, je fixais des vertiges. ____________ Loin des oiseaux, des troupeaux, des villageoises, Que buvais-je, à genoux dans cette bruyère Entourée de tendres bois de noisetiers, Dans un brouillard d'après-midi tiède et vert? Que pouvais-je boire dans cette jeune Oise, - Ormeaux sans voix, gazon sans fleurs, ciel couvert!- Boire à ces gourdes jaunes, loin de ma case Chérie? Quelque liqueur d'or qui fait suer. Je faisais une louche enseigne d'auberge, - Un orage vint chasser le ciel. Au soir L'eau des bois se perdait sur les sables vierges, Le vent de Dieu jetais des glaçons aux mares; Pleurant, je voyais de l'or - et ne pus boire. - ______________ A quatre heures du matin, l'été, Le sommeil d'amour dure encore. Sous les bocages s'évapore L'odeur du soir fêté. Là-bas, dans leur vaste chantier Au soleil des Hespérides, Déjà s'agitent - en bras de chemise - Les Charpentiers. Dans leurs Déserts de mousse, tranquilles, Ils préparent les lambris précieux Où la ville Peindra de faux cieux. Ô, pour ces Ouvriers charmants Sujets d'un roi de Babylone, Vénus! quitte un instant les Amants Dont l'âme est en couronne. Ô Reine des Bergers, Porte aux travailleurs l'eau-de-vie, Que leurs forces soient en paix En attendant le bain dans la mer à midi. _______________      La vieillerie poétique avait une bonne part dans mon alchimie du verbe.      Je m'habituai à l'hallucination simple: je voyais très-franchement une mosquée à la place d'une usine, une école de tambours faite par des anges, des calèches sur les routes du ciel, un salon au fond d'un lac; les monstres, les mystères; un titre de vaudeville dressait des épouvantes devant moi!      Puis j'expliquai mes sophismes magiques avec l'hallucination des mots!      Je finis par trouver sacré le désordre de mon esprit. J'étais oisif, en proie à une lourde fièvre: j'enviais la félicité des bêtes, - les chenilles, qui représentent l'innocence des limbes, le sommeil de la virginité!      Mon caractère s'aigrissait. Je disais adieu au monde dans d'espèces de romances:




Comme un mirroir

04 11 2007

Comme un mirroir qui réflèterait en total négatif tout ce qui s'y présente, tel que pourrait être perçu une porte dimentionnelle. Lorsqu'on pense à ces pseudos-apparitions spectrales, se pourrait-il qu'il sagisse d'une porte ou d'une faille inter-dimentionelle, faisant en sorte que 2 dimentions s'entrelassent temporarement pour un espace délimité ? Si nous percevons l'occupant de cet autre dimention sous forme spectrale, sûrement que lui dans sa dimention propre, nous perçoit sous forme spectrale. Donc il serait notre fantôme et nous serions le siens ! Cette porte ou faille dimentionelle agirait sûrement comme ce miroir réflètant sous forme négative l'autre dimention et ses occupants . Se pourrait-il alors qu'il puisse arriver à l'occassion qu'une chose positive dans l'autre dimention nous apparaisse comme négative et vise verca pour la chose négative se trouvant dans l'autre dimention. Y aurait-il des exception où une chose positive dans l'autre dimention , puisse nous être visible sur sa vrai polarité soit positive ,et vise verca pour la négative ? Par contre il est vrai et absolu que notre perception en positive ou en négative d'une chose ne peut qu'être influencée par notre perception morale . Il ne faut surtout pas oublier l'éxistance de cette loi mystico-naturelle qui veut que pour qu'on puisse éxister qu'il faut obligatoirement qu'à quelque part éxiste notre total opposé ( physique, moral , et énergitique ) . Et vue qu'entre vous et ce total opposé qu'il y a aussi un prism de toutes les variantes possibles entre vous et lui. Alors il est certain qu'une chose qui s'advère positive pour vous, sera officiellement perçu comme négative pour certaines variantes se retrouvant sur ce prism. Serait-ce l'une des raisons pour laquelle les miroirs magiques médiévales étaient bombés et noirs ? Comme pour provoquer cet effet. Vouloir créer un moyen de communiquer avec les autres dimentions qu'on appellait à cet époque , l'autre-monde , l'autre-bord. Mais dans la vie courante ce pourrait-il, que des fois l'inconscient ait cet effet mirroir. Faisant en sorte des fois qu'au moment de rencontrer quelqu'un qui peut être à notre opposé dans sa perception ou dans ses idéaux, qu'avant même que nous cherchions à trouver un point commun sur lequel le dialogue pourrait être ouvert pour un compromis, notre inconscient nous fasse paraître ses quelques côtés positifs comme négatifs ? Faisant en sorte que le côté humain sautera sur l'occassion pour une bonne bataille .




Madame Mépris

04 11 2007

Vous vous imaginez plus intelligente que les autres avec votre langue méprisante. Vous croyez que le fait de cracher votre mépris sur les autres question de dévier l'attention de tous vers autre chose que vous , vous permettra en sorte que personne puisse percevoir votre différence ! Vous aimez bien appeller les gens par chose « Écoutes Chose ! » surtout ceux qui ne correspondent pas à vos petits critères sélectifs personnels. À croire que ceux qui vous ne portez pas dans votre coeurs n'ont pas le droit à l'appellation d'humain ! Comme s'il s'agirait que de vulgaires objets. Vous sentez la médisance à plusieurs mêtres à la ronde, tellement vous faites preuve de mépris envers ceux donc vous ne pouvez tolèrer et cela même s'ils vous portent respect. Donc , posez-vous pas la question pourquoi, qu'aux yeux de ces mêmes personnes, vous en viendrais à ne plus avoir aucune importance ou crédibilité. Et pourquoi, ils n'accorderont plus aucune valeur à vos paroles. Ce que malgré votre âge, vous semblez ne pas avoir encore saisie, c'est qu'avec votre façon de traiter les autres, ce que vous attirez ce n'est pas le respect d'autrui tant espéré de votre part, mais plutôt le mépris. Donc s.v.p. quand vous vous plaignez de la façon donc les autres vous abordent ou vous traitent, dites vous que c'est tout bêtement ce que vous avez semé qui vous revient en pleine figure. Vous qui adorez bien faire la morale aux autres. De votre bord vous semblez oublier le proverbe qui dit que lorsqu'on sème le vent on récolte la tempête ! Je suis parfaitement d'accord avec vous que de vivre avec un handicap peut devenir infernal, mais il faudrait qu'avec la maturité que vous prétendez avoir, que vous commenciez à accepter la réalité, du fait que ceux qui font partie de votre entourage ne sont aucunement coupable de votre handicap. Et même si vous réussiriez à leurs transmettre un sentiment de culpabilité , ca ne vous rendrait pas plus heureuse d'obtenir cette vengeance sur des gens qui n'ont rien à voir avec votre état. Et de toutes façon en quoi cela vous avancerait de les utiliser comme défoulement ? Même s'ils se sentiraient coupable au point de ressentir de la tristesse , ou de la peine ou de la pitié pour vous, ils n'ont aucun moyen d'éliminer votre handicape. Vous ne pouvez pas les tenir responsable pour un épreuve qui vous a été imposer par la nature à cause d'une erreur génétique ! Vous me dévorez des yeux espérant me prendre en défaut d'une erreur, pour ensuite mieux me trancher la gorge auprès des autres. Et vous croyez que je ne vois pas votre manège. Ne vous demandez surtout pas pourquoi cette répugniance que vous rescentez de ma ppart, je méprise les hyppocrites et les lâches. Vous agissez tel un virus cherchant à corrumpre ceux autour de vous, comme si vous espérais pouvoir en venir à ce que tous autour de vous pense et agissent comme vous et aient les mêmes valeurs que vous, ainsi qu'en venir à avoir les mêmes goûts que vous. Inconscienment ce que vous cherchez, c'est d'être entourrée de clônes de vous-même au niveau personnalité. Des petits clônes de vous-même afin de nuire à ceux qui risqueraient d'arriver avec des idées nouvelles ou, ayant des habillitées supérieures aux vôtres. Une petite petite armée de parasites à vos pieds afin de mieux défendre votre petite routine. Mais aussi pour vous protéger de l'obligation de vous adapter aux changements. Et surtout veiller à ce que vous soyez la seule à avoir la vedette !




Il pleure dans mon coeur de Paul Verlaine

04 11 2007

Il pleure dans mon coeur Comme il pleut sur la ville ; Quelle est cette langueur Qui pénètre mon coeur ? Ô bruit doux de la pluie Par terre et sur les toits ! Pour un coeur qui s'ennuie, Ô le chant de la pluie ! Il pleure sans raison Dans ce coeur qui s'écoeure. Quoi ! nulle trahison ?... Ce deuil est sans raison. C'est bien la pire peine De ne savoir pourquoi Sans amour et sans haine Mon coeur a tant de peine !




A Charles Baudelaire de Paul Verlaine

04 11 2007

Je ne t'ai pas connu, je ne t'ai pas aimé, Je ne te connais point et je t'aime encor moins : Je me chargerais mal de ton nom diffamé, Et si j'ai quelque droit d'être entre tes témoins, C'est que, d'abord, et c'est qu'ailleurs, vers les Pieds joints D'abord par les clous froids, puis par l'élan pâmé Des femmes de péché - desquelles ô tant oints, Tant baisés, chrême fol et baiser affamé ! - Tu tombas, tu prias, comme moi, comme toutes Les âmes que la faim et la soif sur les routes Poussaient belles d'espoir au Calvaire touché ! - Calvaire juste et vrai, Calvaire où, donc, ces doutes, Ci, çà, grimaces, art, pleurent de leurs déroutes. Hein ? mourir simplement, nous, hommes de péché.




Dernier espoir de Paul Verlaine

04 11 2007

Il est un arbre au cimetière Poussant en pleine liberté, Non planté par un deuil dicté, - Qui flotte au long d'une humble pierre. Sur cet arbre, été comme hiver, Un oiseau vient qui chante clair Sa chanson tristement fidèle. Cet arbre et cet oiseau c'est nous : Toi le souvenir, moi l'absence Que le temps - qui passe - recense... Ah, vivre encore à tes genoux ! Ah, vivre encor ! Mais quoi, ma belle, Le néant est mon froid vainqueur... Du moins, dis, je vis dans ton coeur ?




Never more de Paul Verlaine

04 11 2007

Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L'automne Faisait voler la grive à travers l'air atone, Et le soleil dardait un rayon monotone Sur le bois jaunissant où la bise détone. Nous étions seul à seule et marchions en rêvant, Elle et moi, les cheveux et la pensée au vent. Soudain, tournant vers moi son regard émouvant " Quel fut ton plus beau jour? " fit sa voix d'or vivant, Sa voix douce et sonore, au frais timbre angélique. Un sourire discret lui donna la réplique, Et je baisai sa main blanche, dévotement. - Ah ! les premières fleurs, qu'elles sont parfumées ! Et qu'il bruit avec un murmure charmant Le premier oui qui sort de lèvres bien-aimées !




C est l'extase langoureuse de Paul Verlaine

04 11 2007

C'est l'extase langoureuse, C'est la fatigue amoureuse, C'est tous les frissons des bois Parmi l'étreinte des brises, C'est, vers les ramures grises, Le choeur des petites voix. O le frêle et frais murmure ! Cela gazouille et susurre, Cela ressemble au cri doux Que l'herbe agitée expire... Tu dirais, sous l'eau qui vire, Le roulis sourd des cailloux. Cette âme qui se lamente En cette plainte dormante, C'est la nôtre, n'est-ce pas ? La mienne, dis, et la tienne, Dont s'exhale l'humble antienne Par ce tiède soir, tout bas ?




Crimen amoris (A Villiers de l'Isle-Adam) de Paul Verlaine

04 11 2007

Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane, De beaux démons, des satans adolescents, Au son d'une musique mahométane, Font litière aux Sept Péchés de leurs cinq sens. C'est la fête aux Sept Péchés : ô qu'elle est belle ! Tous les désirs rayonnaient en feux brutaux ; Les Appétits, pages prompts que l'on harcèle, Promenaient des vins roses dans des cristaux. Des danses sur des rythmes d'épithalames Bien doucement se pâmaient en longs sanglots Et de beaux choeurs de voix d'hommes et de femmes Se déroulaient, palpitaient comme des flots. Et la bonté qui s'en allait de ces choses Était puissante et charmante tellement Que la campagne autour se fleurit de roses Et que la nuit paraissait en diamant. Or, le plus beau d'entre tous ces mauvais anges Avait seize ans sous sa couronne de fleurs. Les bras croisés sur les colliers et les franges, Il rêve, l'oeil plein de flammes et de pleurs. En vain la fête autour se faisait plus folle, En vain les Satans, ses frères et ses soeurs, Pour l'arracher au souci qui le désole, L'encourageaient d'appels de bras caresseurs : Il résistait à toutes câlineries, Et le chagrin mettait un papillon noir A son cher front tout brûlant d'orfèvreries. Ô l'immortel et terrible désespoir ! Il leur disait : " Ô vous, laissez-moi tranquille ! " Puis, les ayant baisés tous bien tendrement, Il s'évada d'avec eux d'un geste agile, Leur laissant aux mains des pans de vêtement. Le voyez-vous sur la tour la plus céleste Du haut palais avec une torche au poing ? Il la brandit comme un héros fait d'un ceste, D'en bas on croit que c'est une aube qui point. Qu'est-ce qu'il dit de sa voix profonde et tendre Qui se marie au claquement clair du feu Et que la lune est extatique d'entendre ? "Oh ! je serai celui-là qui créera Dieu ! " Nous avons tous trop souffert, anges et hommes, De ce conflit entre le Pire et le Mieux. Humilions, misérables que nous sommes, Tous nos élans dans le plus simple des voeux. "Ô vous tous, ô nous tous, ô les pécheurs tristes, Ô les gais Saints, pourquoi ce schisme têtu ? Que n'avons-nous fait, en habiles artistes, De nos travaux la seule et même vertu ? "Assez et trop de ces luttes trop égales ! Il va falloir qu'enfin se rejoignent les Sept Péchés aux Trois Vertus Théologales ! Assez et trop de ces combats durs et laids ! "Et pour réponse à Jésus qui crut bien faire En maintenant l'équilibre de ce duel, Par moi l'enfer dont c'est ici le repaire Se sacrifie à l'amour universel !" La torche tombe de sa main éployée, Et l'incendie alors hurla s'élevant, Querelle énorme d'aigles rouges noyée Au remous noir de la fumée et du vent. L'or fond et coule à flots et le marbre éclate ; C'est un brasier tout splendeur et tout ardeur ; La soie en courts frissons comme de l'ouate Vole à flocons tout ardeur et tout splendeur. Et les Satans mourants chantaient dans les flammes, Ayant compris, comme s'ils étaient résignés. Et de beaux choeurs de voix d'hommes et de femmes Montaient parmi l'ouragan des bruits ignés. Et lui, les bras croisés d'une sorte fière, Les yeux au ciel où le feu monte en léchant, Il dit tout bas une espèce de prière, Qui va mourir dans l'allégresse du chant. Il dit tout bas une espèce de prière, Les yeux au ciel où le feu monte en léchant... Quand retentit un affreux coup de tonnerre, Et c'est la fin de l'allégresse et du chant. On n'avait pas agréé le sacrifice : Quelqu'un de fort et de juste assurément Sans peine avait su démêler la malice Et l'artifice en un orgueil qui se ment. Et du palais aux cent tours aucun vestige, Rien ne resta dans ce désastre inouï, Afin que par le plus effrayant prodige Ceci ne fût qu'un vain rêve évanoui... Et c'est la nuit, la nuit bleue aux mille étoiles ; Une campagne évangélique s'étend, Sévère et douce, et, vagues comme des voiles, Les branches d'arbre ont l'air d'ailes s'agitant. De froids ruisseaux courent sur un lit de pierre ; Les doux hiboux nagent vaguement dans l'air Tout embaumé de mystère et de prière : Parfois un flot qui saute lance un éclair. La forme molle au loin monte des collines Comme un amour encore mal défini, Et le brouillard qui s'essore des ravines Semble un effort vers quelque but réuni. Et tout cela comme un coeur et comme une âme, Et comme un verbe, et d'un amour virginal Adore, s'ouvre en une extase et réclame Le Dieu clément qui nous gardera du mal.




L'angoisse de Paul Verlaine

04 11 2007

Nature, rien de toi ne m'émeut, ni les champs Nourriciers, ni l'écho vermeil des pastorales Siciliennes, ni les pompes aurorales, Ni la solennité dolente des couchants. Je ris de l'Art, je ris de l'Homme aussi, des chants, Des vers, des temples grecs et des tours en spirales Qu'étirent dans le ciel vide les cathédrales, Et je vois du même oeil les bons et les méchants. Je ne crois pas en Dieu, j'abjure et je renie Toute pensée, et quant à la vieille ironie, L'Amour, je voudrais bien qu'on ne m'en parlât plus. Lasse de vivre, ayant peur de mourir, pareille Au brick perdu jouet du flux et du reflux, Mon âme pour d'affreux naufrages appareille.




Le Vampire de Charles Baudelaire

04 11 2007

Toi qui, comme un coup de couteau, Dans mon coeur plaintif es entrée; Toi qui, forte comme un troupeau De démons, vins, folle et parée, De mon esprit humilié Faire ton lit et ton domaine; - Infâme à qui je suis lié Comme un forçat à la chaîne, Comme au jeu le joueur têtu, Comme à la bouteille l'ivrogne, Comme aux vermines la charogne, - Maudite, maudite sois-tu! J'ai prié le glaive rapide De conquérir ma liberté Et j'ai dit au poison perfide De secourir ma lâcheté. Hélas! le poison et le glaive M'ont pris en dédain et m'ont dit: «Tu n'es pas digne qu'on t'enlève A ton esclavage maudit, Imbécile! - de son empire Si nos efforts te délivraient, Tes baisers ressusciteraient Le cadavre de ton vampire!»




Les Métamorphoses du Vampire de Charles Baudelaire

04 11 2007

La femme cependant, de sa bouche de fraise, En se tordant ainsi qu'un serpent sur la braise, Et pétrissant ses seins sur le fer de son busc, Laissait couler ces mots tout imprégnés de musc : - «Moi, j'ai la lèvre humide, et je sais la science De perdre au fond d'un lit l'antique conscience. Je sèche tous les pleurs sur mes seins triomphants, Et fais rire les vieux du rire des enfants. Je remplace, pour qui me voit nue et sans voiles, La lune, le soleil, le ciel et les étoiles ! Je suis, mon cher savant, si docte aux voluptés, Lorsque j'étouffe un homme en mes bras redoutés, Ou lorsque j'abandonne aux morsures mon buste, Timide et libertine, et fragile et robuste, Que sur ces matelas qui se pâment d'émoi, Les anges impuissants se damneraient pour moi!» Quand elle eut de mes os sucé toute la moelle, Et que languissamment je me tournai vers elle Pour lui rendre un baiser d'amour, je ne vis plus Qu'une outre aux flancs gluants, toute pleine de pus! Je fermai les deux yeux, dans ma froide épouvante, Et quand je les rouvris à la clarté vivante, A mes côtés, au lieu du mannequin puissant Qui semblait avoir fait provision de sang, Tremblaient confusément des débris de squelette, Qui d'eux-mêmes rendaient le cri d'une girouette Ou d'une enseigne, au bout d'une tringle de fer, Que balance le vent pendant les nuits d'hiver.




Le Revenant de Charles Baudelaire

04 11 2007

Comme les anges à l'œil fauve, Je reviendrai dans ton alcôve Et vers toi glisserai sans bruit Avec les ombres de la nuit, Et je te donnerai, ma brune, Des baisers froids comme la lune Et des caresses de serpent Autour d'une fosse rampant. Quand viendra le matin livide, Tu trouveras ma place vide, Où jusqu'au soir il fera froid. Comme d'autres par la tendresse, Sur ta vie et sur ta jeunesse, Moi, je veux régner par l'effroi.




Le Tonneau De La Haine de Charles Baudelaire

04 11 2007

La Haine est le tonneau des pâles Danaïdes ; La Vengeance éperdue aux bras rouges et forts A beau précipiter dans ses ténèbres vides De grands seaux pleins du sang et des larmes des morts, Le Démon fait des trous secrets à ces abîmes, Par où fuiraient mille ans de sueurs et d'efforts, Quand même elle saurait ranimer ses victimes, Et pour les pressurer ressusciter leurs corps. La Haine est un ivrogne au fond d'une taverne, Qui sent toujours la soif naître de la liqueur Et se multiplier comme l'hydre de Lerne. -Mais les buveurs heureux connaissent leur vainqueur, Et la Haine est vouée à ce sort lamentable De ne pouvoir jamais s'endormir sous la table.




Les Deux Bonnes Soeurs de Charles Baudelaire

04 11 2007

La Débauche et la Mort sont deux aimables filles, Prodigues de baisers et riches de santé, Dont le flanc toujours vierge et drapé de guenilles Sous l'éternel labeur n'a jamais enfanté. Au poète sinistre, ennemi des familles, Favori de l'enfer, courtisan mal renté, Tombeaux et lupanars montrent sous leurs charmilles Un lit que le remords n'a jamais fréquenté. Et la bière et l'alcôve en blasphèmes fécondes. Nous offrent tour à tour, comme deux bonnes sœurs, De terribles plaisirs et d'affreuses douceurs. Quand veux-tu m'enterrer, Débauche aux bras immondes ? O Mort quand viendras-tu, sa rivale en attraits, Sur ses myrtes infects enter tes noirs cyprès .




L'Étranger de Charles Baudelaire

04 11 2007

- Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère? - Je n'ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère. - Tes amis? - Vous vous servez là d'une parole dont le sens m'est resté jusqu'à ce jour inconnu. - Ta patrie? - J'ignore sous quelle latitude elle est située. - La beauté? - Je l'aimerais volontiers, déesse et immortelle. - L'or? - Je le hais comme vous haïssez Dieu. - Eh! qu'aimes-tu donc, extraordinaire étranger? - J'aime les nuages... les nuages qui passent... là-bas... là-bas... les merveilleux nuages!




Le Joujou du Pauvre de Charles Baudelaire

04 11 2007

Je veux donner l'idée d'un divertissement innocent. Il y a si peu d'amusements qui ne soient pas coupables! Quand vous sortirez le matin avec l'intention décidée de flâner sur les grandes routes, remplissez vos poches de petites inventions d'un sol, - telles que le polichinelle plat mû par un seul fil, les forgerons qui battent l'enclume, le cavalier et son cheval dont la queue est un sifflet, - et le long des cabarets, au pied des arbres, faites-en hommage aux enfants inconnus et pauvres que vous rencontrerez. Vous verrez leurs yeux s'agrandir démesurément. D'abord ils n'oseront pas prendre; ils douteront de leur bonheur. Puis leurs mains agripperont vivement le cadeau, et ils s'enfuiront comme font les chats qui vont manger loin de vous le morceau que vous leur avez donné, ayant appris à se défier de l'homme. Sur une route, derrière la grille d'un vaste jardin, au bout duquel apparaissait la blancheur d'un joli château frappé par le soleil, se tenait un enfant beau et frais, habillé de ces vêtements de campagne si pleins de coquetterie. Le luxe, l'insouciance et le spectacle habituel de la richesse, rendent ces enfants-là si jolis, qu'on les croirait faits d'une autre pâte que les enfants de la médiocrité ou de la pauvreté. A côté de lui, gisait sur l'herbe un joujou splendide, aussi frais que son maître, verni, doré, vêtu d'une robe pourpre, et couvert de plumets et de verroteries. Mais l'enfant ne s'occupait pas de son joujou préféré, et voici ce qu'il regardait : De l'autre côté de la grille, sur la route, entre les chardons et les orties, il y avait un autre enfant, pâle, chétif, fuligineux, un de ces marmots-parias dont un œil impartial découvrirait la beauté, si, comme œil du connaisseur devine une peinture idéale sous un vernis de carrossier, il le nettoyait de la répugnante patine de la misère. A travers ces barreaux symboliques séparant deux mondes, la grande route et le château, l'enfant pauvre montrait à l'enfant riche son propre joujou, que celui-ci examinait avidement comme un objet rare et inconnu. Or, ce joujou, que le petit souillon agaçait, agitait et secouait dans une boîte grillée, c'était un rat vivant! Les parents, par économie sans doute, avaient tiré le joujou de la vie elle-même. Et les deux enfants se riaient l'un à l'autre fraternellement, avec des dents d'une égale blancheur.




La chimère de Théophile Gauthier

04 11 2007

Une jeune chimère, aux lèvres de ma coupe, Dans l'orgie, a donné le baiser le plus doux Elle avait les yeux verts, et jusque sur sa croupe Ondoyait en torrent l'or de ses cheveux roux. Des ailes d'épervier tremblaient à son épaule La voyant s'envoler je sautai sur ses reins ; Et faisant jusqu'à moi ployer sou cou de saule, J'enfonçai comme un peigne une main dans ses crins. Elle se démenait, hurlante et furieuse, Mais en vain. Je broyais ses flancs dans mes genoux ; Alors elle me dit d'une voix gracieuse, Plus claire que l'argent : Maître, où donc allons-nous ? Par-delà le soleil et par-delà l'espace, Où Dieu n'arriverait qu'après l'éternité ; Mais avant d'être au but ton aile sera lasse : Car je veux voir mon rêve en sa réalité.




La mort est multiforme... de Théophile Gauthier

04 11 2007

La mort est multiforme, elle change de masque Et d'habit plus souvent qu'une actrice fantasque ; Elle sait se farder, Et ce n'est pas toujours cette maigre carcasse, Qui vous montre les dents et vous fait la grimace Horrible à regarder. Ses sujets ne sont pas tous dans le cimetière, Ils ne dorment pas tous sur des chevets de pierre À l'ombre des arceaux ; Tous ne sont pas vêtus de la pâle livrée, Et la porte sur tous n'est pas encor murée Dans la nuit des caveaux. Il est des trépassés de diverse nature : Aux uns la puanteur avec la pourriture, Le palpable néant, L'horreur et le dégoût, l'ombre profonde et noire Et le cercueil avide entr'ouvrant sa mâchoire Comme un monstre béant ; Aux autres, que l'on voit sans qu'on s'en épouvante Passer et repasser dans la cité vivante Sous leur linceul de chair, L'invisible néant, la mort intérieure Que personne ne sait, que personne ne pleure, Même votre plus cher. Car, lorsque l'on s'en va dans les villes funèbres Visiter les tombeaux inconnus ou célèbres, De marbre ou de gazon ; Qu'on ait ou qu'on n'ait pas quelque paupière amie Sous l'ombrage des ifs à jamais endormie, Qu'on soit en pleurs ou non, On dit : ceux-là sont morts. La mousse étend son voile Sur leurs noms effacés ; le ver file sa toile Dans le trou de leurs yeux ; Leurs cheveux ont percé les planches de la bière ; À côté de leurs os, leur chair tombe en poussière Sur les os des aïeux. Leurs héritiers, le soir, n'ont plus peur qu'ils reviennent ; C'est à peine à présent si leurs chiens s'en souviennent, Enfumés et poudreux, Leurs portraits adorés traînent dans les boutiques ; Leurs jaloux d'autrefois font leurs panégyriques ; Tout est fini pour eux. L'ange de la douleur, sur leur tombe en prière, Est seul à les pleurer dans ses larmes de pierre, Comme le ver leur corps, L'oubli ronge leur nom avec sa lime sourde ; Ils ont pour drap de lit six pieds de terre lourde. Ils sont morts, et bien morts ! Et peut-être une larme, à votre âme échappée, Sur leur cendre, de pluie et de neige trempée, Filtre insensiblement, Qui les va réjouir dans leur triste demeure ; Et leur coeur desséché, comprenant qu'on les pleure, Retrouve un battement. Mais personne ne dit, voyant un mort de l'âme : Paix et repos sur toi ! L'on refuse à la lame Ce qu'on donne au fourreau ; L'on pleure le cadavre et l'on panse la plaie, L'âme se brise et meurt sans que nul s'en effraie Et lui dresse un tombeau. Et cependant il est d'horribles agonies Qu'on ne saura jamais ; des douleurs infinies Que l'on n'aperçoit pas. Il est plus d'une croix au calvaire de l'âme Sans l'auréole d'or, et sans la blanche femme Échevelée au bas. Toute âme est un sépulcre où gisent mille choses ; Des cadavres hideux dans des figures roses Dorment ensevelis. On retrouve toujours les larmes sous le rire, Les morts sous les vivants, et l'homme est à vrai dire Une nécropolis. Les tombeaux déterrés des vieilles cités mortes, Les chambres et les puits de la Thèbe aux cent portes Ne sont pas si peuplés ; On n'y rencontre pas de plus affreux squelettes. Un plus vaste fouillis d'ossements et de têtes Aux ruines mêlés. L'on en voit qui n'ont pas d'épitaphe à leurs tombes, Et de leurs trépassés font comme aux catacombes Un grand entassement ; Dont le coeur est un champ uni, sans croix ni pierres, Et que l'aveugle mort de diverses poussières Remplit confusément. D'autres, moins oublieux, ont des caves funèbres Où sont rangés leurs morts, comme celles des guèbres Ou des égyptiens ; Tout autour de leur coeur sont debout les momies, Et l'on y reconnaît les figures blémies De leurs amours anciens. Dans un pur souvenir chastement embaumée Ils gardent au fond d'eux l'âme qu'ils ont aimée ; Triste et charmant trésor ! La mort habite en eux au milieu de la vie ; Ils s'en vont poursuivant la chère ombre ravie Qui leur sourit encor. Où ne trouve-t-on pas, en fouillant, un squelette ? Quel foyer réunit la famille complète En cercle chaque soir ? Et quel seuil, si riant et si beau qu'il puisse être, Pour ne pas revenir n'a vu sortir le maître Avec un manteau noir ? Cette petite fleur, qui, toute réjouie, Fait baiser au soleil sa bouche épanouie, Est fille de la mort. En plongeant sous le sol, peut-être sa racine Dans quelque cendre chère a pris l'odeur divine Qui vous charme si fort. Ô fiancés d'hier, encore amants, l'alcôve Où nichent vos amours, à quelque vieillard chauve A servi comme à vous ; Avant vos doux soupirs elle a redit son râle, Et son souvenir mêle une odeur sépulcrale À vos parfums d'époux ! Où donc poser le pied qu'on ne foule une tombe ? Ah ! Lorsque l'on prendrait son aile à la colombe, Ses pieds au daim léger ; Qu'on irait demander au poisson sa nageoire, On trouvera partout l'hôtesse blanche et noire Prête à vous héberger. Cessez donc, cessez donc, ô vous, les jeunes mères Berçant vos fils aux bras des riantes chimères, De leur rêver un sort ; Filez-leur un suaire avec le lin des langes. Vos fils, fussent-ils purs et beaux comme les anges, Sont condamnés à mort !




Bûchers et tombeaux de Théophile Gauthier

04 11 2007

Le squelette était invisible, Au temps heureux de l'Art païen ; L'homme, sous la forme sensible, Content du beau, ne cherchait rien. Pas de cadavre sous la tombe, Spectre hideux de l'être cher, Comme d'un vêtement qui tombe Se déshabillant de sa chair, Et, quand la pierre se lézarde, Parmi les épouvantements, Montrait à l'oeil qui s'y hasarde Une armature d'ossements ; Mais au feu du bûcher ravie Une pincée entre les doigts, Résidu léger de la vie, Qu'enserrait l'urne aux flancs étroits ; Ce que le papillon de l'âme Laisse de poussière après lui, Et ce qui reste de la flamme Sur le trépied, quand elle a lui ! Entre les fleurs et les acanthes, Dans le marbre joyeusement, Amours, aegipans et bacchantes Dansaient autour du monument ; Tout au plus un petit génie Du pied éteignait un flambeau ; Et l'art versait son harmonie Sur la tristesse du tombeau. Les tombes étaient attrayantes: Comme on fait d'un enfant qui dort, D'images douces et riantes La vie enveloppait la mort ; La mort dissimulait sa face Aux trous profonds, au nez camard, Dont la hideur railleuse efface Les chimères du cauchemar. Le monstre, sous la chair splendide Cachait son fantôme inconnu, Et l'oeil de la vierge candide Allait au bel éphèbe nu. Seulement pour pousser à boire, Au banquet de Trimalcion, Une larve, joujou d'ivoire, Faisait son apparition; Des dieux que l'art toujours révère Trônaient au ciel marmoréen ; Mais l'Olympe cède au Calvaire, Jupiter au Nazaréen ; Une voix dit : Pan est mort ! - L'ombre S'étend. - Comme sur un drap noir, Sur la tristesse immense et sombre Le blanc squelette se fait voir ; Il signe les pierres funèbres De son paraphe de fémurs, Pend son chapelet de vertèbres Dans les charniers, le long des murs, Des cercueils lève le couvercle Avec ses bras aux os pointus ; Dessine ses côtes en cercle Et rit de son large rictus ; Il pousse à la danse macabre L'empereur, le pape et le roi, Et de son cheval qui se cabre Jette bas le preux plein d'effroi ; Il entre chez la courtisane Et fait des mines au miroir, Du malade il boit la tisane, De l'avare ouvre le tiroir ; Piquant l'attelage qui rue Avec un os pour aiguillon, Du laboureur à la charrue Termine en fosse le sillon ; Et, parmi la foule priée, Hôte inattendu, sous le banc, Vole à la pâle mariée Sa jarretière de ruban. A chaque pas grossit la bande; Le jeune au vieux donne la main ; L'irrésistible sarabande Met en branle le genre humain. Le spectre en tête se déhanche, Dansant et jouant du rebec, Et sur fond noir, en couleur blanche, Holbein l'esquisse d'un trait sec. Quand le siècle devient frivole Il suit la mode; en tonnelet Retrousse son linceul et vole Comme un Cupidon de ballet Au tombeau-sofa des marquises Qui reposent, lasses d'amour, En des attitudes exquises, Dans les chapelles Pompadour. Mais voile-toi, masque sans joues, Comédien que le ver rnord, Depuis assez longtemps tu joues Le mélodrame de la Mort. Reviens, reviens, bel art antique, De ton paros étincelant Couvrir ce squelette gothique ; Dévore-le, bûcher brûlant ! Si nous sommes une statue Sculptée à l'image de Dieu, Quand cette image est abattue, Jetons-en les débris au feu. Toi, forme immortelle, remonte Dans la flamme aux sources du beau, Sans que ton argile ait la honte Et les misères du tombeau !




Les joujoux de la morte de Théophile Gauthier

04 11 2007

La petite Marie est morte, Et son cercueil est si peu long Qu'il tient sous le bras qui l'emporte Comme un étui de violon. Sur le tapis et sur la table Traîne l'héritage enfantin. Les bras ballants, l'air lamentable, Tout affaissé, gît le pantin. Et si la poupée est plus ferme, C'est la faute de son bâton ; Dans son oeil une larme germe, Un soupir gonfle son carton. Une dînette abandonnée Mêle ses plats de bois verni A la troupe désarçonnée Des écuyers de Franconi. La boîte à musique est muette ; Mais, quand on pousse le ressort Où se posait sa main fluette, Un murmure plaintif en sort. L'émotion chevrote et tremble Dans : Ah ! vous dirai-je maman ! Le Quadrille des Lanciers semble Triste comme un enterrement, Et des pleurs vous mouillent la joue Quand la Donna é mobile, Sur le rouleau qui tourne et joue, Expire avec un son filé. Le coeur se navre à ce mélange Puérilement douloureux, Joujoux d'enfant laissés par l'ange, Berceau que la tombe a fait creux !




La spirale sans fin dans le vide s'enfonce de Théophile Gauthier

04 11 2007

La spirale sans fin dans le vide s'enfonce ; Tout autour, n'attendant qu'une fausse réponse Pour vous pomper le sang, Sur leurs grands piédestaux semés d'hiéroglyphes, Des sphinx aux seins pointus, aux doigts armés de griffes, Roulent leur oeil luisant. En passant devant eux, à chaque pas l'on cogne Des os demi-rongés, des restes de charogne, Des crânes sonnant creux. On voit de chaque trou sortir des jambes raides ; Des apparitions monstrueusement laides Fendent l'air ténébreux. C'est ici que l'énigme est encor sans Oedipe, Et qu'on attend toujours le rayon qui dissipe L'antique obscurité. C'est ici que la mort propose son problème, Et que le voyageur, devant sa face blême, Recule épouvanté. Ah ! Que de nobles coeurs et que d'âmes choisies, Vainement, à travers toutes les poésies, Toutes les passions, Ont poursuivi le mot de la page fatale, Dont les os gisent là sans pierre sépulcrale Et sans inscriptions ! Combien, dons juans obscurs, ont leurs listes remplies Et qui cherchent encor ! Que de lèvres pâlies Sous les plus doux baisers, Et qui n'ont jamais pu se joindre à leur chimère ! Que de désirs au ciel sont remontés de terre Toujours inapaisés ! Il est des écoliers qui voudraient tout connaître, Et qui ne trouvent pas pour valet et pour maître De Méphistophélès. Dans les greniers, il est des Faust sans Marguerite, Dont l'enfer ne veut pas et que Dieu déshérite ; Tous ceux-là, plaignez-les ! Car ils souffrent un mal, hélas ! Inguérissable ; Ils mêlent une larme à chaque grain de sable Que le temps laisse choir. Leur coeur, comme une orfraie au fond d'une ruine, Râle piteusement dans leur maigre poitrine L'hymne du désespoir. Leur vie est comme un bois à la fin de l'automne, Chaque souffle qui passe arrache à leur couronne Quelque reste de vert, Et leurs rêves en pleurs s'en vont fendant les nues, Silencieux, pareils à des files de grues Quand approche l'hiver. Leurs tourments ne sont point redits par le poëte Martyrs de la pensée, ils n'ont pas sur leur tête L'auréole qui luit ; Par les chemins du monde ils marchent sans cortège, Et sur le sol glacé tombent comme la neige Qui descend dans la nuit.




Le Tombeau d’Edgar Poe par Stéphane Mallarmé

04 11 2007

Tel qu'en Lui-même enfin l'éternité le change, Le Poète suscite avec un glaive nu Son siècle épouvanté de n'avoir pas connu Que la mort triomphait dans cette voix étrange ! Eux, comme un vil sursaut d'hydre oyant jadis l'ange Donner un sens plus pur aux mots de la tribu Proclamèrent très haut le sortilège bu Dans le flot sans honneur de quelque noir mélange. Du sol et de la nue hostiles, à grief ! Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur Que ce granit du moins montre à jamais sa borne Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.